La dynamique des manifestations citoyennes des Algériennes et Algériens de différentes franges de la société pour l’objectif  d’un changement radical du système ne faiblit pas. Hier, et au 10e vendredi consécutif, les principales artères de la capitale ont été noires de monde. Des personnes de tous les âges et des deux sexes, des familles entières ont ainsi investi une nouvelle fois la rue, pour exprimer pacifiquement et dans une atmosphère de communion une commune revendication, celle du rejet absolu du système. Les manifestants, drapés, dans leur majorité, de l’emblème national, ont réitéré leur attachement à aller vers une deuxième République, où seul le choix souverain du peuple primera, et servira de référent à son édifice institutionnel. En parlant de l’emblème national, des milliers de drapeaux ont été portés haut dans le ciel d’Alger, ainsi que des pancartes de différents formats, où l’on pouvait lire autant d’expressions traduisant l’idée d’un  peuple déterminé à rester uni jusqu’à la consécration des ses revendications.
Celles-ci, quoique réactualisées semaine après semaine, sont restées certes les mêmes s’agissant du départ de tous les symboles du  système. Mais, aussi, les manifestants ont eu leur mot à dire au sujet des derniers rebondissements survenus, ces derniers jours, en rapport aussi bien avec les discours du général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, qu’en matière de soubresauts qui se font jour dans le secteur de la Justice, dans le sillage de ce qui est convenu d’appeler «opération mains propres».
En effet, si les contestataires ont tenu à rappeler de vive voix leur respect et leur attachement à l’institution militaire, constituée d’enfants du peuple, ils ont aussi exprimé à la criée leur rejet «de bâtir une République où le militaire prendrait le dessus sur le civil», pour paraphraser la jeune Sara Bensaïd, une architecte d’Alger, rencontrée pas loin de la Grande-Poste. «S’opposer à la volonté du peuple est une trahison», affirment par ailleurs d’autres manifestants. Sur un autre volet, et tenant compte du fait que l’actualité nationale est aussi faite d’une lutte intensifiée contre la corruption, certains manifestants ont réclamé la libération de l’investisseur Issad Rebrab.
D’autres, en revanche, ont émis les vœux de voir des symboles du régime, notamment le frère du président démissionnaire, Saïd Bouteflika, cité nommément, ainsi que toute la «issaba» (ndlr, la bande), comparaître devant la justice dans les plus brefs délais. «Nous sommes unis, et vous êtes finis», ont fait savoir les manifestants à l’adresses des figures emblématiques du régime, dont ils réclament le départ immédiat, y compris celui  du  chef de l’État Abdelkader Bensalah.
«Partez tous !», clamait-on. À l’instar des vendredis précédents, les manifestations d’hier à Alger se sont déroulées dans le  calme, et le principe de réussir une action pacifique, doublée d’une maturité citoyenne exemplaire, a été au rendez-vous. Les   forces de l’ordre ont assuré leur mission d’encadrement, dans un esprit de professionnalisme irréprochable.     
Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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