Stress hydrique – Eau : Comment le Maroc optimise ses ressourcesStress hydrique – Eau : Comment le Maroc optimise ses ressources

Les projets d’interconnexion des bassins hydrauliques constituent l’un des chantiers structurels de la politique nationale de l’eau. 

Evolution : Face à la succession des années de sécheresse et à la raréfaction des ressources en eau, le Maroc accélère la transformation de sa politique de l’eau. Le Royaume mise sur la diversification des ressources à travers le dessalement de l’eau de mer, la construction de barrages, l’interconnexion des bassins et la réutilisation des eaux usées traitées. Parallèlement, l’ONEE prévoit 42,1 milliards de dirhams pour le secteur de l’eau potable, avec l’objectif de porter la production d’eau dessalée à plus de 1,3 milliard de m³ par an dans le cadre de son programme d’investissement 2026-2030. Cette stratégie vise à renforcer durablement la sécurité hydrique du Maroc et à réduire sa dépendance aux précipitations.

Les transformations climatiques et la succession des années de sécheresse ont imposé au Maroc de faire évoluer sa politique de l’eau vers une approche plus globale et proactive, fondée sur la diversification des ressources hydriques et le renforcement de la capacité du système national à faire face au stress hydrique. Construction de barrages, dessalement de l’eau de mer, interconnexion des bassins hydrauliques, réutilisation des eaux usées traitées, et la rationalisation de la consommation sont les piliers de cette approche. Celle-ci repose, selon le ministère de l’eau et de l’équipement, sur le passage d’une gestion des contraintes liées à la rareté de l’eau à la mise en place d’un système intégré garantissant la durabilité des ressources et renforçant la sécurité hydrique à long terme. Les projets d’interconnexion des bassins hydrauliques constituent également l’un des chantiers structurels de la politique nationale de l’eau. Ils reposent sur le transfert de l’eau entre les différentes régions en fonction de la disponibilité des ressources et des besoins. Dans ce cadre, le projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg s’inscrit dans une démarche visant à renforcer la solidarité hydrique entre les régions et à améliorer la répartition des ressources disponibles à l’échelle nationale, parallèlement à la poursuite du développement de projets d’interconnexion entre plusieurs bassins. La stratégie nationale ne se limite pas à la mobilisation de ressources supplémentaires, mais comprend également l’amélioration de la gestion de la demande en eau. Dans ce sens, la rationalisation de la consommation, la modernisation des réseaux de distribution et l’adoption de techniques d’irrigation économes en eau constituent des composantes complémentaires pour garantir la durabilité des ressources, notamment dans le secteur agricole, tout en réduisant les pertes d’eau et en améliorant l’efficacité de son utilisation. Le Maroc poursuit également le développement de la réutilisation des eaux usées traitées, considérées comme une ressource non conventionnelle contribuant à réduire la pression exercée sur les ressources traditionnelles. Ces eaux sont utilisées pour l’arrosage des jardins, des espaces verts et des terrains de golf, ainsi que pour un certain nombre d’usages agricoles et industriels conformément aux normes en vigueur. Cette démarche permet de destiner les eaux traitées à des usages alternatifs et de préserver l’eau potable ainsi que les réserves des barrages et des nappes phréatiques. Le ministère note une hausse du nombre de stations de traitement des eaux usées au Maroc, passant de 135 stations en 2018 à 201 stations en 2024, y compris les rejets en mer, tandis que le taux de traitement des eaux usées urbaines a atteint 58%. Cette évolution s’accompagne d’efforts visant à élargir la réutilisation des eaux traitées dans plusieurs villes et secteurs, dans le cadre du Programme national d’assainissement liquide mutualisé. Ces différents chantiers intégrés s’inscrivent dans une dynamique à travers laquelle le Maroc poursuit le développement d’un système hydrique plus diversifié et durable, combinant la mobilisation des ressources conventionnelles et non conventionnelles avec l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, afin de renforcer la sécurité hydrique et de soutenir la continuité du développement économique et social face aux transformations climatiques.

ONEE : Une enveloppe de 42,1 MMDH pour l’eau potable

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a lancé un programme d’investissement pour la période 2026-2030, prévoyant une enveloppe de 42,1 milliards de dirhams consacrée au secteur de l’eau potable, dans le cadre d’un plan global visant à renforcer la sécurité hydrique et à développer les capacités de production et de distribution d’eau dans le Royaume. Dans son volet consacré à l’eau, le programme repose notamment sur le renforcement de la sécurité de l’approvisionnement en eau potable et l’amélioration des services en milieu rural, ainsi que sur l’augmentation de la performance des réseaux de production et de distribution, afin de soutenir la continuité de l’approvisionnement et d’accompagner l’évolution des besoins en eau dans les différentes régions du Royaume. Le dessalement de l’eau de mer occupe une place centrale dans ces investissements. Le plan vise ainsi à porter la capacité de production d’eau dessalée destinée à la consommation à plus de 1,3 milliard de mètres cubes par an, dans le cadre de la poursuite des efforts du Maroc visant à diversifier ses ressources hydriques et à renforcer le recours aux ressources non conventionnelles. Selon le programme, ces nouvelles capacités devraient permettre de couvrir près de 63% des besoins du Royaume en eau potable grâce au dessalement, contre 13 % en 2025 et moins de 8% en 2023, ce qui illustre la transformation progressive du système de production d’eau potable dans le Royaume. Les principaux projets hydriques programmés comprennent le développement de stations de dessalement de l’eau de mer à Casablanca, dans la région de l’Oriental, à Tanger, dans la région de Souss-Massa ainsi qu’à Guelmim-Tan-Tan, contribuant ainsi à renforcer les capacités de production d’eau et à diversifier les sources d’approvisionnement au profit de plusieurs régions. Ce programme s’inscrit dans une orientation stratégique fondée sur le renforcement des infrastructures hydrauliques et la diversification des sources d’approvisionnement en eau potable, poursuivant ainsi les efforts visant à consolider la sécurité hydrique du Royaume et à garantir la durabilité de l’approvisionnement face au stress hydrique et aux effets du changement climatique.

Situation des barrages

Indicateurs: Les principaux barrages du Royaume ont enregistré une évolution contrastée de leurs ressources en eau entre le matin du dimanche 9 août et le matin du lundi 10 août 2026. Selon le ministère de l’eau et de l’équipement, certains barrages ont connu une hausse de leurs apports en eau, tandis que d’autres ont enregistré une baisse de leurs ressources hydriques. Dans la province de Sefrou, le barrage Allal El Fassi arrive en tête des barrages ayant enregistré une hausse de leurs ressources en eau, avec des apports de 1,2 million de m³, portant ainsi son taux de remplissage à 95,3 %. Dans la province de Béni Mellal, le barrage Ahmed El Hansali a enregistré des apports en eau d’environ 0,7 million de m³, faisant passer son taux de remplissage à 80,6%. À l’inverse, le barrage Idriss Ier, dans la province de Taounate, a enregistré une baisse de ses ressources en eau de 2,5 millions de m³, ramenant son taux de remplissage à 78,3%. Le barrage Al Wahda, également situé dans la province de Taounate, a pour sa part connu une baisse de ses ressources en eau de 2,2 millions de m³, avec un taux de remplissage qui s’établit à 86,3%.

Auteur: Ouchagour Leila
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