Essaouira – « La cellule de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violence: la pandémie de la Covid-19 et la violence familiale » a été le thème central d’une table ronde organisée, mercredi à Essaouira, par l’Association féminine El Khir.

Initiée avec le soutien de l’Organisation suisse féministe pour la paix (CFD), cette rencontre intervient dans le cadre des activités entreprises par l’association à l’occasion de la campagne mondiale des « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre », organisée du 25 novembre, qui coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 10 décembre, date de célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme.

Cette rencontre, marquée par la participation des membres de la cellule, ainsi que des représentants des autorités locales, des services sécuritaires et extérieurs, d’assistants et assistantes sociaux et d’acteurs associatifs, avait pour but de mettre le doigt sur les contraintes liées à la prise en charge de ces catégories sociales violentées, et de favoriser la mise en place d’un plan d’action efficient, en vue de transcender les contraintes auxquelles sont confrontées les différentes parties prenantes, notamment en cette conjoncture actuelle.

Intervenant à cette occasion, le Substitut du Procureur du Roi près le tribunal de 1ère instance d’Essaouira et président de la cellule de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violence, Rachid Douhabi, s’est félicité de la tenue de cette réunion qui intervient dans un contexte particulier marqué par une crise sanitaire sans précédent, soulignant la pertinence du thème retenu, qui met l’accent sur la violence familiale en période de la Covid-19, sachant que ces actes ont enregistré une courbe ascendante durant la période de confinement sanitaire partout dans le monde.

Dans ce sens, M. Douhabi a mis en avant la loi n° 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, soutenant que ce texte, qui revêt une grande importance, est venu renforcer l’arsenal juridique marocain, à même d’être en phase avec les nouvelles dispositions de la Constitution et les conventions et chartes internationales ratifiées par le Royaume en la matière.

Après avoir donné un large aperçu sur cette loi, entrée en vigueur en septembre 2018, notamment les concepts juridiques, les incriminations, les dispositions pénales et les autres nouvelles procédures et mesures préventives et de protection apportées dans le but de renforcer l’arsenal juridique en matière de lutte contre les violences (psychologique, économique, corporelle et sexuelle) à l’égard des femmes, il a souligné l’importance des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violence, particulièrement les cellules de prise en charge et les commissions multipartites instaurées sur les plans local, régional et national.

Il a aussi insisté sur le rôle des autorités publiques et des organisations gouvernementales et non gouvernementales dans la prévention des violences faites aux femmes, à travers l’élaboration et la mise en oeuvre d’actions visant la sensibilisation aux risques de ces violences, l’amélioration de l’image de la femme dans la société et le renforcement de la prise de conscience de ses droits, ainsi que la promotion de la culture de la médiation.

De son côté, la coordinatrice de projets à l’Association féminine El Khir, Mme Souad Dibi, a indiqué que cette rencontre se veut une occasion idoine pour l’intensification des efforts et l’amélioration des mécanismes de travail pour offrir des services plus efficaces et assurer l’accompagnement approprié aux femmes et enfants victimes de violence.

Mettant en relief l’ampleur des effets engendrés par la Covid-19 sur les plans économique, social et psychologique au Maroc et à l’échelle mondiale, ainsi que les mesures proactives et les initiatives pionnières prises par le Royaume pour stopper la propagation de la pandémie et en atténuer les répercussions sur les catégories les plus vulnérables, Mme Dibi a estimé que les impacts de cette crise sanitaire ont exacerbé les discriminations et les inégalités basées sur le genre, en ce sens que les femmes ont beaucoup souffert lors du confinement sanitaire et suite à la perte de leurs sources de revenus en raison de l’arrêt forcé de leurs activités de subsistance.

Dans ce cadre, elle a appelé au renforcement des outils et instruments de protection des femmes et à la fédération des efforts de l’ensemble des intervenants pour tirer vers le haut la qualité des services offerts en termes de prise en charge et d’accompagnement.

Mme Dibi a, en outre, émis l’espoir de voir cette table ronde aboutir à la mise sur pied d’un plan de travail efficace, à même de contribuer à la consolidation des droits humains de la gent féminine et de surmonter les difficultés et contraintes causées par la pandémie.

Cette rencontre a été l’occasion pour les membres de la cellule de prise en charge de décliner, chacun, son rôle et ses missions, et aux autres participants présents de mettre la lumière, selon leurs champs d’intervention, sur les contraintes liées à la prise en charge des femmes et enfants victimes de violence, notamment en termes de dénonciation, de suivi et d’accompagnement, d’appui psychologique, de protection et d’assistance sociale, de médiation et d’accueil dans les centres qui sont dédiés à ces victimes.

Dans ce sens, ils ont émis une panoplie de propositions susceptibles de renforcer la coordination et la synergie entre les membres de la cellule de prise en charge et d’aboutir à des actions très bénéfiques pour l’éradication de ce fléau social.

Ils ont également discuté de l’élaboration d’un guide pratique qui offre des renseignements sur les membres de la commission locale de prise en charge des femmes et enfants, le but étant de faciliter l’action collective et l’orientation des victimes, et d’améliorer le mode de fonctionnement de la commission.

Cette table ronde a été ponctuée de la présentation d’un plan d’action participatif pour la prise en charge des femmes et des enfants victimes de violence au titre de l’année 2021, qui repose sur trois grands objectifs, à savoir l’amélioration de la prise en charge de ces femmes ainsi que des mesures de protection des enfants en situation difficile, outre le renforcement de la sensibilisation et de la coordination autour des phénomènes de violence.

A ce propos, l’assistance a convenu de mettre sur pied un comité restreint pour enrichir et améliorer, par le biais de nouvelles suggestions, le contenu du plan, qui renferme une série de sous-objectifs inhérents à chacun des trois principaux axes, pour garantir davantage d’efficacité et d’efficience en termes de résultats.

Auteur: Meriem IGASS
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