Placée sous le thème « Engagement et citoyenneté 2.0 », cette table ronde a été l’occasion pour les différents intervenants de discuter de l’impact d’Internet sur l’engagement et les initiatives citoyennes.

Cette table ronde, rehaussée par la présence de M. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi et Président Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, de Mme Clélia Chevrier Kolacko, Conseillère de coopération et d’action culturelle et directrice générale de l’Institut Français du Maroc, ainsi que d’autres personnalités, a été aussi l’occasion de mettre l’accent sur les différents moyens de s’engager disponibles en ligne, et sur les potentialités qu’offre cet outil de communication, avec un focus sur le sens de ces engagements et les possibles dérives inhérentes à ce moyen d’action.

Dans la foulée, ils ont mis en avant certaines opportunités qu’offrent les réseaux sociaux en termes de proximité et de capacité à aller là où les gens sont présents, et à leur donner la chance de s’exprimer et de s’engager.

Les différents intervenants ont été unanimes à souligner que la citoyenneté se veut une construction qui émane du terrain et du partage d’opinions, notant que celle-ci s’expérimente dans la relation avec les autres et l’acceptation de la pluralité, des différences et des spécificités.

Partant de ce constat, ils ont estimé que la question de l’engagement est absolument fondamentale et qu’il est important de déterminer les enjeux et d’en définir les espaces.

Dans la foulée, ils ont précisé que pour la plupart des jeunes qui s’engagent, la mobilisation s’ancre dans leur quotidien bien plus qu’elle ne s’affiche collectivement, relevant que la place des réseaux sociaux apparaît grandissante et que le fait d’être engagé, c’est également s’exprimer sur des réseaux, partager des informations, partant du postulat que celles que l’on reçoit sont justes.

Ces moyens de communication, qui peuvent générer de nouvelles mobilisations et favoriser un nouvel engagement collectif, ne sont plus sans dangers, ont-ils averti, ajoutant que ceux-ci peuvent, à contrario, générer une forme de repli et une individualisation dangereuses pour l’engagement.

A ce propos, ils ont passé en revue certaines dérives auxquelles peuvent donner lieu les réseaux sociaux, notamment les manipulations et les fake-news, insistant sur la nécessité d’agir avec intelligence, de recadrer ces menaces et de promouvoir la régulation de ces technologies de la communication.

L’utilisation de ces outils ne doit pas s’éloigner de la nécessité pédagogique et éducative, encore moins de la promotion des valeurs humaines, ont-ils relevé, mettant en avant le rôle de l’école et de la formation dans la rationalisation de l’utilisation des réseaux sociaux.

Tout en insistant sur la nécessité de faire la nuance entre le digital/numérique et le virtuel qui, lui, renvoie à l’idée de l’inexistence, ils ont considéré qu’on vit actuellement avec et dans le digital, d’où l’impératif de se familiariser avec ces outils et de pouvoir les transformer en générateurs de richesses et de savoirs.

Ils ont, dans ce cadre, souligné la nécessité d’une adaptation de l’école aux exigences actuelles de manière à en faire un espace qui permet à l’individu de mieux comprendre ce qui se passe autour de lui. « Il s’agit de parvenir à repenser l’école à partir des nouvelles technologies », ont-ils dit.

Après avoir affirmé l’importance d’une meilleure intégration des NTIC dans les écoles, ils ont estimé indispensable pour l’éducation de suivre le train de l’évolution.

Les panélistes n’ont pas manquer de faire remarquer que pour profiter de leur extraordinaire potentiel mais aussi pour limiter les dérives qu’elles génèrent parfois, il est indispensable de s’appuyer sur des experts de manière à dégager ensemble les solutions les plus rationnelles, et d’éviter les procès d’intention qui, parfois, prennent le pas sur l’échange et le débat.

Ce Forum, dont les travaux se poursuivront jusqu’au 17 novembre, est organisé par l’Ambassade de France et l’Institut français du Maroc, en partenariat avec les Associations « Essaouira-Mogador » et « Marocains Pluriels », la Fondation Sekkat, Campus France et WebHelp.

Ce conclave, qui connaît la participation de près de 180 jeunes, dont pour la première fois des jeunes issus de pays d’Afrique subsaharienne, porteurs d’un fort engagement citoyen, a pour ambition de contribuer à l’intégration de l’espace euro-méditerranéen en mettant en relation ces jeunes citoyens, engagés et investis localement.

A travers ce Forum, les participants auront l’opportunité d’échanger avec des personnalités de divers horizons, de débattre et de se former lors de différentes séquences : projections de film-débat, tables rondes sur l’engagement et récits de trajectoires personnelles, nombreux ateliers répartis sur les sites de l’Institut Français de la ville, Dar Souiri et Bayt Al Dakira (la Maison de la Mémoire), qui abrite notamment le Centre de recherche international « Haim Zafrani », dédié au dialogue interreligieux.

Parmi les nouveautés de ce forum, figure le Tribunal pour les Générations Futures, un exercice d’éloquence qui permettra aux jeunes de délibérer du vivre ensemble.

Au rang des nouveautés, figure aussi « le Prix des Jeunes Leaders », qui récompensera trois projets portés par des jeunes engagés sur le thème du développement durable. « Féfé et Leeroy » du groupe Saian Supa Crew, donneront un concert inédit dans la cité des Alizés, gratuit et ouvert à tous, le 16 novembre à la place El Menzah.

Au menu de cette nouvelle édition, figurent moult ateliers thématiques : « communication sur les réseaux sociaux », « stratégies de développement et partenariats », « savoir présenter son projet », « prise de parole artistique », « mobiliser l’intelligence collective au service d’un territoire », « écrire son histoire, écrire son parcours », « construire un plaidoyer pour l’égalité entre les femmes et les hommes » et « comment financer les projets novateurs ? ».

Auteur: Meriem IGASS
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