Les prochaines échéances électorales constituent un véritable casse-tête pour les citoyens qui ne savent plus pour qui voter et qui choisir, surtout que la scène politique est, tellement, médiocre qu’on ne peut plus accorder la confiance à personne parmi ces politiciens qui se croient investis de la volonté divine et assurés d’être là encore, après les prochaines élections.
Entretemps, le nouveau parti politique, créé par des transfuges de plusieurs autres mouvements, demeure une énigme, surtout qu’il se prévaut du chef du gouvernement Youssef Chahed, destiné à tenir la présidence, alors qu’aucune déclaration n’a confirmé cette orientation, alors que tout parti doit avoir un guide rassembleur et mobilisateur.
Tahya Tounès, le parti des transfuges, progresse bien sur la scène politique, mais personne ne peut assurer qu’il sera là après les prochaines élections, surtout qu’il n’a présenté aucun programme et que son « leader » présumé n’a pas daigné dévoiler ses ambitions et ses projets, ce qui risque de lui porter préjudice.
Certes, ce parti se veut rassembleur des forces démocratiques et progressistes, mais rien ne perce encore sur ses visées, surtout que Youssef Chahed, présumé président, n’est pas en train de convaincre et que les mesures qu’il est en train de prendre, en tant que chef du gouvernement lui font perdre sa popularité et ne sont pas pour encourager les électeurs à le choisir. En plus, son alliance contre-nature, encore une fois, avec le mouvement islamiste Ennahdha, ne vont pas l’aider à monter dans les sondages et l’obtention de la confiance des citoyens qui seront les seuls maîtres dans le choix des urnes.
Toutefois, ce parti s’active pour rassembler une base, à travers des congrès régionaux, en pleine constitution et qui doivent donner l’occasion pour convaincre une base dans une population des plus indécises.
Les congrès constitutifs régionaux du parti « Tahya Tounès » sont fondés sur la « transparence » et « l’impartialité », a souligné Kamel Idir, président du comité d’organisation du congrès constitutif du parti.
« Pour mener à bien cette opération électorale au niveau des régions, le comité a fait recours à des critères de transparence et d’impartialité », a-t-il ajouté dans une déclaration, faisant état de la mise en place d’un bureau ou plus dans chaque circonscription électorale et ce, pour la période allant du 22 au 28 avril courant.
Plateforme électronique pour les adhésions
Kamel Idir a souligné également l’installation d’une plateforme électronique permettant l’adhésion à distance des Tunisiens à l’étranger.
Les congrès constitutifs régionaux du parti « Tahya Tounès » ont démarré samedi dernier dans les gouvernorats de Béja, Kébili, Tozeur, Jendouba et Tunis II. Des congrès régionaux ont eu lieu, dimanche, à Bizerte, Gafsa, Zaghouan et Nabeul en présence de plusieurs dirigeants du parti.
Le mouvement Tahya Tounès a obtenu, le 4 mars dernier, son visa légal, conformément aux dispositions du décret-loi n°87-2011 portant organisation des partis politiques.
Le 27 janvier dernier a été annoncée à Monastir la création dudit mouvement. « Tahya Tounès » qui se prévaut d’être « démocratique et progressiste, se référant à la pensée bourguibienne et au réformisme tunisien », selon le texte de la déclaration du mouvement.
Le parti a tenu, dimanche, son congrès constitutif à Gafsa pour l’installation de la coordination régionale qui comprend vingt-et-un membres. Ces derniers ont été choisis par consensus par les congressistes et les adhérents du parti du gouvernorat de Gafsa.
Les congressistes, dont le nombre avoisine les 200, ont également choisi les membres des coordinations locales parmi les adhérents du parti.
Le secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse, Abdelkoddous Saadaoui, qui a présidé les travaux du congrès constitutif régional de Gafsa, a souligné l’importance des structures de base et des régions dans le processus de création d’un parti. « Tahya Tounès » a été fondé pour servir l’intérêt suprême du pays et réaliser les aspirations de développement de la population, a-t-il relevé.
De son côté, le député de l’Assemblée des représentants du peuple, Lotfi Ali (bloc de la Coalition nationale), a indiqué que la coordination régionale et les coordinations locales du parti « Tahya Tounès » à Gafsa rassemble plusieurs sensibilités politiques et compte parmi ses membres de nombreuses compétences.
Abderrazek Souileh a été choisi en tant que coordinateur régional du parti à Gafsa.
Des ministres à la rescousse
Un autre congrès régional constitutif du parti a été organisé à Bizerte. Le ministre du Transport Hichem Ben Ahmed, l’un des fondateurs du parti a présidé l’ouverture des travaux auxquels a assisté l’ancien ministre des Relations avec les Instances constitutionnelles et de la Société civile et des Droits de l’homme, Mehdi Ben Gharbia, originaire du gouvernorat.
Ce dernier a tenu à préciser dans une intervention que Tahya Tounès est un parti démocratique, rassembleur et s’ouvrant à toutes les sensibilités attachées au serment d’allégeance à la patrie.
Ben Gharbia a ajouté que le nouveau parti s’engage à être « franc » et « responsable » envers les Tunisiens. Dans Tahya Tounès il n’y aura pas de considération pour les liens de parenté ni à la mentalité de la pérennité au pouvoir comme l’avait promis le chef du gouvernement Youssef Chahed. Le parti sera plutôt basé sur des programmes et des réformes, a-t-il insisté.
La coordination régionale du parti et 13 coordinations locales ont été installées dans la région à cette occasion.
La coordination régionale compte 13 membres ; le poste de secrétaire général a été attribué à Ferid Ouerghi. Le reste des membres sont Sahbi Ben Saïd, Fethi Adhouri, Aouaz Trabelsi, Imed Traidi, Mohamed Naoufel Ben Ibrahim, Mohamed Saidani, Kamel Mabrouki, Hamed Belaam, Seif Hachani, Mohamed Hédi Meherzi, Ahmed Trifi et Fadhel Bejaoui.
Les listes des coordinations locales, choisies par consensus avant le démarrage des travaux et adoptées par la commission nationale chargée de superviser le congrès, comptent 15 membres chacune.
Plusieurs membres du bureau national du parti ainsi que des personnalités politiques et des représentants de la société civile participent aux travaux du congrès du parti.
Un parti ne peut percer que s’il dispose de leaders convaincants, d’un programme crédible et, surtout, d’une base qui peut le porter haut et dont il peut répondre aux attentes, mais, cela n’est pas, encore, visible à Tahya Tounès qui compte des membres qui ont, déjà, brûlé toutes les cartes et qui n’ont plus aucune crédibilité.
F.S.
Auteur: L’expert
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