La ville de Taroudante, qui a été dernièrement remise sur le devant de la scène médiatique, en raison d’une polémique suscitée autour d’une action de proximité, est aujourd’hui endeuillée à cause, certes, d’une colère de la nature, mais aggravée par une mauvaise mise en application de la politique de proximité.

En effet, plus de sept personnes ont trouvé la mort et d’autres seraient encore disparues suite à des inondations causées par les fortes pluies qu’a connues la province de Taroudant mercredi soir. Les victimes, les blessés, les rescapés et plusieurs autres ayant pu éviter de justesse le danger étaient dans un terrain de football construit dans une zone inondable. La catastrophe a été suivie en direct par le monde entier, soulevant moult questions autour de cette infrastructure de «proximité» bâtie dans une zone inondable. Un spectacle émouvant a enflé la Toile, suscitant l’indignation et moult interrogations.

La scène est on ne peut plus dramatique. Des habitants du Douar Tizrt, relevant de la commune d’Imi Ntiyaret, arrondissement d’Ighern, ont suivi en direct la mort de ces jeunes. Déjà vulnérables par la rigueur du destin, ces pauvres, meurtris par le choc et l’ampleur du drame, criaient et regardaient leurs enfants, leurs frères et leurs voisins mourir sous leurs yeux.

Des vidéos inondant la Toile montraient cette tragédie et des voix de ces pauvres habitants lançaient à l’instant où aucun brin d’espoir n’est resté: «ils sont partis». Effectivement, «ils sont partis» de cette façon dramatique à cause des inondations, mais en raison aussi de la mauvaise gouvernance. Car, les services de la direction de la météorologie nationale avaient bien annoncé que des averses orageuses de niveau orange étaient prévues dans la même région bien avant la soirée du drame.

Comment les autorités compétentes ont-elles ignoré cette alerte de niveau orange ? Le comble est que ce sont ces mêmes autorités locales qui ont supervisé cette rencontre sportive qui s’est achevée dans le deuil de toute la province. Les vidéos montraient des agents des forces auxiliaires, chargés d’assurer l’ordre de la rencontre, en train de fuir les dangers des crues  qui ont emporté leur véhicule. Quant aux secours, force est de constater que même le décompte des victimes n’est pas encore rendu officiel, au moment où nous mettons sous presse. Un communiqué annonçant sept morts et des disparus n’a été rendu public que plusieurs heures après la catastrophe.

Ce drame est certes causé par la colère de la nature, mais force est de constater que la mauvaise gouvernance l’a fortement aggravé. Les autorités compétentes sont appelées à agir, en ouvrant une enquête afin de mettre toute la lumière sur cette catastrophe. Au moins pour éviter de tels drames dans les zones inondables à l’avenir.

B.Amenzou

Auteur: M’hammed rahal
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