Comme pour nombre d’autres secteurs, l’innovation frappe fortement à la porte des Télecommunications. Les opérateurs algériens jouent toutes leurs cartes pour s’adapter à cet impératif d’ordre technologique. Ont-ils des atouts leur permettant d’être à la hauteur de leurs ambitions?
Ou le retard accusé est si grand qu’il demeure insurmontable? Une chose est sûre : la technologie dans ce domaine se développe vertigineusement. Il sera question pour tous les opérateurs de la planète de “suivre ou disparaître”.  «La structure du marché, caractérisée par une forte demande, n’est pas de nature à favoriser la construction d’avantages concurrentiels tirés de l’innovation sur les services et les technologies», commente Mohamed Cherif Belmihoub, consultant international, professeur en économie et management dans une analyse parue au dernier numéro de la Revue d’économie et de statistique appliquée.
Ce n’est pas tout. L’universitaire, formel, souligne qu’«en théorie comme en pratique, ni le monopole ni la faible compétition sur un marché n’incitent à la mise en place de stratégies d’innovation».
Pourtant, l’innovation, nécessaire et inévitable, constitue à ses yeux un «levier indispensable de dynamisation et de développement du secteur des TIC».
Enchaînant, le Pr Belmihoub indique que les opérateurs publics, particulièrement l’opérateur historique Algérie Télécom, «ne profiteront pas de la forte croissance du secteur des TIC tant que la transformation stratégique et structurelle n’aura pas été menée complètement». Et d’ajouter : «L’opérateur historique sera confronté à un dilemme, soit organiser sa transformation, soit subir celle qui lui sera imposée par un marché d’offres.»
Dans son analyse, le Pr Belmihoub estime «essentiel», pour les opérateurs de télécommunications, de mettre l’innovation au «centre de leurs réflexions stratégiques et saisir les opportunités que leur offre la convergence des TIC s’ils ne veulent pas être réduits à des opérateurs de ‘‘tuyaux’’». Au risque d’être dépassés, les opérateurs, commente le Pr Belmihoub, «doivent proposer des innovations de services avec une forte valeur ajoutée misant sur la création de valeur au sein de ce nouvel espace». Sur sa lancée, il explique que «la nouvelle économie est et le sera encore plus numérique et connectée. C’est pourquoi, l’innovation est au cœur des stratégies de croissance des opérateurs de télécoms». Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que la ministre des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Faraoun, a indiqué que les Etats membres de l’Union africaine des Télécommunications (UAT) procèdent à l’examen du projet de plan stratégique quadriennal 2019-2022 de l’Union et, par la même, à la consolidation des propositions communes africaines.
L’UAT, expliquait la ministre, «fournit aux parties prenantes du secteur des TIC un cadre approprié pour formuler des politiques et des stratégies efficaces visant l’amélioration de l’accès aux infrastructures et aux services de l’information».
Fouad Irnatene