Les médecins sont formels. La tendance baissière des cas quotidiens de contamination à la Covid-19 est le fruit de la batterie de mesures décidées par les plus hautes autorités du pays, mais aussi de la prise de conscience du citoyen, qui respecte, visiblement, de plus en plus les gestes barrières.
Optimistes et prudents à la fois, nombre de praticiens de la santé publique se félicitent en effet de l’essoufflement qui marque à présent le rythme de contaminations dans notre pays, en dépit de l’ouverture des espaces de détente et de loisirs, très appréhendée du reste. Le chef de service anesthésie et réanimation à l’hôpital Mohand- Maouche (Alger), membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution du Covid-19, le professeur Ryad Mahiaoui, ne cache pas sa satisfaction de voir la situation épidémiologique s’améliorer de jour en jour et salue les efforts déployés dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. «C’est grâce à cet excellent travail qu’on a pu garder la situation sous contrôle», déclare à El Moudjahid le professeur Mahiaoui, affirmant que si la décrue est une très bonne chose en soi, cela reste un acquis à préserver.
«Les citoyens doivent savoir que tout relâchement peut nous ramener à la case départ avec une circulation active du virus. Ce qu’il faut donc retenir, c’est que les règles de sécurité sanitaire doivent être toujours respectées avec la même rigueur, car comme je ne cesse de le répéter, la vigilance est de mise, en particulier en ce mois de septembre. Comme nous le savons tous, quelques jours seulement nous séparent de la date du début des examens du BEM puis du Bac, sans oublier la rentrée sociale puis la rentrée scolaire, prévue au début du mois d’octobre. Certes, on est très confiant, mais on reste, tout de même, très attentif», souligne-t-il.
Le médecin rappellera dans ce contexte toute l’importance du port du masque, où que l’on soit. «Ce geste simple et banal, à la fois, peut bel et bien casser la chaîne de contamination», assure-t-il. Le même avis est partagé par le docteur Mohamed Bekkat-Berkani, président de l’Ordre des médecins algériens et membre du Comité scientifique, qui fait remarquer que nous sommes actuellement en phase de «stabilisation de la situation avec une tendance lentement baissière». Peut-on dire à présent qu’on a atteint le pic avec le boom déjà enregistré il y a quelques semaines de cela ? Pour le président de l’Ordre des médecins algériens, on ne peut pas parler de pic mais plutôt de périodes de hausse et de baisse avec des activités de rebond. «Aujourd’hui, on est dans une situation de plateau», indique-t-il.
Attendre encore deux semaines pour se prononcer définitivement
Interrogé sur l’éventuel impact du déconfinement qui est en train d’être effectué progressivement, sachant que le nombre de wilayas concernées par la mesure de confinement partiel est passé de 29 à 18, le membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution du Covid-19 notera que tout a été étudié. «Cette décision a été prise suite à des études qui ont démontré qu’il n’était plus utile de garder ces régions en confinement», affirme-t-il, avant d’aborder la question de l’ouverture des espaces de loisirs, depuis près de deux semaines, sans pour autant qu’elle ait eu un impact négatif. «En fait, il faudrait attendre que les deux semaines soient bouclées pour pouvoir se prononcer définitivement. Mais à voir la tendance baissière continue, c’est déjà pas mal», se réjouit le Dr Berkani.
On peut donc affirmer que la prise de conscience de la population, conjuguée au fait de déconfiner de façon progressive, selon le protocole sanitaire, a permis de limiter la circulation du virus. Seulement, les spécialistes soulignent que le moindre relâchement «peut coûter très cher». C’est pourquoi, il y a nécessité de respecter strictement les mesures de protection et les gestes barrières afin de freiner davantage la propagation du virus, en limitant la naissance de foyers de contamination.
Soraya Guemmouri
Auteur: elmoudjahid
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