« La restauration des terres à grande échelle est ainsi un instrument de paix, de prospérité et de stabilité pour les futures générations », a relevé M. Thiaw qui intervenait lors de la réunion préparatoire régionale africaine pour la COP-15 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), dont les travaux se poursuivront jusqu’au 1er avril prochain dans la cité ocre.

La sécheresse engendre nombre de catastrophes naturelles, détruit les écosystèmes, déstructure les sociétés et jette des millions de personnes sur les routes de l’immigration forcée, accentuant l’exode rural, a expliqué le responsable onusien.

« La sécheresse semble porter plusieurs noms, reflets de la multitude de conséquences du désastre naturel : famine, feux de forêts, décroissance économique, troubles civils, instabilité politique, insécurité alimentaire…etc », a-t-il poursuivi, déplorant le fait que ce phénomène pèse lourdement sur les économies africaines et le PIB.

Dans la foulée, il a tenu à indiquer que les petits producteurs africains sont parmi les plus vulnérables au déficit pluviométrique, estimant que le monde réalise enfin que la restauration des terres est « une réponse multiforme à différents défis auxquels l’humanité fait face, à commencer par la sécheresse ».

M. Ahmed Elmekass, coordinateur de la « Semi-Arid Food Grain Research and Developement : SAFGRAD » relevant de l’Union Africaine (UA), a relevé que l’UA accorde une grande importance aux travaux du congrès des parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la Désertification (CNULCD) visant à faire face aux phénomènes de l’extension des zones désertifiées et de la dégradation des terres, tout en veillant à encourager la durabilité.

Et de poursuivre que le continent africain souffre pleinement du fléau de la désertification et de la dégradation des terres agricoles, ce qui leste le développement durable et l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) escomptés.

L’Union Africaine a placé la désertification et la biodiversité au coeur de son agenda et de ses priorités, rappelant que c’est dans le cadre du grand appui apporté par le Maroc et les partenaires, que se tienne à Marrakech cette réunion préparatoire « PRE-COP15 », en prélude à la COP-15 prévue en mai prochain en Côte d’Ivoire. Un rendez-vous important dont les travaux graviteront autour de questions majeures se rapportant à la terre, à la vie, à la rareté des ressources hydriques, ou encore au progrès.

Pour sa part, le Représentant de la Banque Africaine de Développement (BAD), M. Arona Soumaré, a mis l’accent sur les multiples investissements de la Banque, à même de servir de levier pour une mise en oeuvre accélérée et à grande échelle de la « Grande Muraille Verte », ainsi que pour l’accélération de l’agenda de la restauration des terres, à travers une approche multi-acteurs, multi-structurée et ciblée.

« La mise en oeuvre de la Convention sur la Désertification nous donne l’opportunité d’innover et de sortir des silos par des approches fondées sur la nature, pour préserver l’intégrité des écosystèmes face à l’impact du changement climatique et du changement d’affectation des terres », a-t-il conclu.

Le Représentant du Forum Forestier Africain, M. Ibro Adamou, a fait savoir que la réunion préparatoire à la COP-15 constitue une occasion idoine de débattre de l’importance majeure des sujets qui seront évoqués lors de la prochaine COP-15 prévue à Abidjan.

L’agenda de la rencontre d’Abidjan comporte des points d’un intérêt crucial pour le Continent Africain d’où, a-t-il dit, « toute l’importance de nous concerter ici à Marrakech en vue de bien examiner cet Agenda, échanger et formuler des positions visant à apporter la prise en compte des intérêts de notre région dans les décisions qui seront prises par les parties à la prochaine réunion ».

La réunion régionale préparatoire africaine pour la COP-15 de la CNULCD est rehaussée par la participation du Secrétaire Exécutif de la CNULCD, de représentants de plusieurs institutions internationales et régionales notamment africaines, ainsi que des représentants de 40 pays africains.

Cette réunion a pour objectif principal de permettre aux pays africains de passer en revue les thèmes qui seront examinés lors de cette COP et de s’assurer que les préoccupations de l’Afrique soient prises en compte dans les décisions de la Conférence, à travers l’identification des priorités et des préoccupations principales pour le continent, la formulation de la position commune africaine, la détermination des stratégies de négociation et des alliances à former et l’élection du nouveau président du Groupe Africain ainsi que des membres qui représenteront le continent dans les bureaux de la COP-15 et ses organes subsidiaires.

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Auteur: Meriem IGASS
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