Marrakech – Le Maroc joue un rôle déterminant au sein des structures internationales dédiées à la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, dont le Dialogue Méditerranéen de l’OTAN a souligné, vendredi à Marrakech, Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), un Think tank spécialisé dans les questions de défense, géopolitique, géo-économie et géostratégie.
Le Maroc a eu une prise de conscience très précoce de la nécessité de développer des coopérations régionales, seules voies pour lutter de manière efficace contre les phénomènes de la radicalisation et du terrorisme, a-t-il relevé lors d’une plénière sous le thème « le modèle marocain de diplomatie de défense et de sécurité », organisée dans le cadre de la 11è édition du « Marrakech Security Forum (MSF-2020) ».
M.Dupuy a en outre, indiqué que le Royaume contribue de manière efficace à la stabilité sahélo- saharienne à travers notamment, la formation des imams africains et « l’exportation » d’un Islam « soufi » et des « Lumières », qui représente un modèle attractif pour les pays africains, mettant l’accent sur les liens religieux et culturels qui unissent le Royaume à de nombreux pays d’Afrique.
Cet expert n’a pas manqué de mettre en exergue l’efficacité de l’approche sécuritaire du Maroc, particulièrement, depuis la création du Bureau Central d’investigations judiciaires (BCIJ), qui a réussi à déjouer plusieurs dizaines d’attentats terroristes.
Par ailleurs, M. Dupuy a estimé que le Maroc a réussi à combattre la radicalisation et le terrorisme là où, d’autres pays ont échoué et ce, à travers la réalisation du développement humain et le décollage économique, faisant remarquer que le taux de croissance économique continue de réaliser une envolée depuis 2014, réussissant ainsi à créer les postes d’emplois et à améliorer les conditions de vie des populations.
Le président du Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES), Mohammed Benhammou, a pour sa part, mis en relief les liens profonds et séculaires, qui lient les populations de la région sahélo- saharienne à l’institution d’Imarat Al Mouminine, porteuse d’un Islam modéré et se dressant comme « rempart » contre tous ceux qui aspirent à confisquer l’espace de culte pour diffuser leurs idéologies destructrices.
Dans la foulée, M. Benhammou a jeté la lumière sur l’approche de lutte contre la radicalisation et le terrorisme, soulignant que cette stratégie est multidimensionnelle et a su répondre à une menace émergente.
Cette approche, a-t-il poursuivi, s’articule autour de trois axes principaux. Le premier axe est sécuritaire, représentant une réponse nécessaire (pour une menace présente) construite sur un bon savoir et une expertise du phénomène de la radicalisation et du terrorisme.
Cette politique préventive menée par les services sécuritaires marocains a donné des résultants très importants ayant abouti à mettre fin à la dynamique des groupes terroristes, a-t-il expliqué, notant que cette expertise marocaine est largement sollicitée et a bénéficié à plusieurs pays, dont la Belgique, l’Espagne, la France, la Côte d’Ivoire et la Grande-Bretagne.
Le second axe de cette approche marocaine touche à la réalisation du développement humain et à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, afin de barrer la route aux extrémistes et terroristes qui exploitent la fragilité économique et sociale des populations, a-t-il expliqué, faisant observer que l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), qui a donné des résultats tangibles, a bénéficié à plus de 10 millions de Marocains et a contribué à l’amélioration de la vie des populations vulnérables et à lutter contre l’exclusion.
Le troisième axe de cette approche est relatif à la gestion du champ religieux à travers la formation des imams et la soustraction de l’espace de culte, des mains des groupes radicaux, ceux qui détournaient le discours religieux à des fins terroristes, a-t-il ajouté.
En outre, un travail de fond a été mené concernant les programmes scolaires, les médias et l’espace carcéral très convoité par les extrémiste, tient à préciser M. Benhammou, notant que l’approche marocaine, qui apporte une réponse globale au phénomène de la radicalisation et du terrorisme, a permis au Royaume de s’ériger en modèle à suivre dans le combat contre ces fléaux.
Initié sous le thème, « l’Afrique à l’épreuve des terrorismes et des menaces globalisées » par le CMES, en partenariat avec la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques (FAES), ce forum de deux jours rassemble 150 participants de haut-niveau issus d’une quarantaine de pays dont, des responsables civils et militaires, des dirigeants d’organisations internationales, des sécuritaires et des experts africains, américains, européens et asiatiques.
Cette conférence internationale se veut un espace de débats et d’échange autour de questions d’actualité en rapport avec la thématique, tout en se fixant pour mission d’analyser, de débattre et d’échanger des expériences dans ce domaine.
Les débats lors de ce forum porteront sur plusieurs thématiques notamment, « la perspective stratégique africaine à l’aune des équilibres fragiles (contexte sécuritaire incertain et imprévisible) », « le Sud, théâtre des guerres de quatrième génération (ou guerre hybride) », « le renseignement à l’ère de la mondialisation et des menaces globalisées », et « la cyber-guerre ; nouvelles menaces et nouvelles géopolitiques ».
Les participants à ce Conclave auront également à examiner d’autres questions en rapport avec « le model Marocain de diplomatie de défense et de sécurité », « le Sahel face au péril du Jihadisme », « la dimension genre : un élément de prévention et de lutte contre les communautarismes, facteurs de la radicalisation violente » et « communautarismes, radicalisation et terrorisme d’extrême droite en occident ».
Auteur: Meriem IGASS
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