
TIZI-OUZOU – L’artisanat doit être doté d’une valeur marchande pour pouvoir se perpétuer et prétendre à l’universalité, ont estimé mercredi des intervenants à une conférence-débat organisée à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou à l’occasion d’un salon des savoir-faire.
« Le travail artisanal doit avoir une valeur marchande qui doit correspondre à sa valeur symbolique pour pouvoir se maintenir et se perpétuer comme symbole de notre identité », a estimé l’archéologue Hamid Bilek lors de son intervention « Savoir et savoir-faire éléments constitutifs d’une identité ».
Dressant un tableau de la réalité de l’artisanat dans le contexte mondial marqué par « une mondialisation capitaliste et marchande qui ne laisse pas de place aux faibles », l’archéologue a considéré que « le produit et le travail artisanaux devraient s’adapter aux exigences de cette réalité et ne plus être perçus comme des produits exotiques ».
Il faudrait, a-t-il préconisé à ce titre, « offrir aux artisans les moyens et conditions de pouvoir vivre de leurs savoir-faire et être en mesure de le perpétuer pour faire face à l’invasion de produits industriels, par la mise en place de dispositifs d’appui au métier et le développement d’espaces de commercialisation ».
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Citant, à titre d’exemple, les produits de poterie industrielle tunisienne qui ont « envahi le marché national, agrémentés de motifs artisanaux et vendus à des prix compétitifs », il dira qu’il « est difficile de distinguer entre ces produits et ceux de l’artisanat local ».
Pour sa part, l’écrivain et universitaire, Hacène Hellouane, a soulevé lors de son intervention, la nécessité « d’actualiser l’artisanat pour continuer prétendre à notre part d’universalité », faisant remarquer que « l’artisanat est la somme d’un avoir et d’un savoir-faire constituant une Vision du monde ».
M. Hellouane a, également, estimé, que « l’artisanat ne pourra se développer ou se perpétuer en dehors d’une perspective permettant le développement économique et social de l’artisan lui-même ».
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