Difficile d’échapper aux obsessions que l’on cultive et alimente au point de ne plus pouvoir s’en défaire. Des obsessions que l’on nourrit et interroge, pour ne pas oublier ceux qui ont mis le pays à terre ou contribué à le faire.
Comment se libérer de traumatismes que l’on doit à la voracité d’une 3issaba qui détrousse le pays depuis des lustres ? D’anciens chefs aux pouvoirs illimités qui s’étonnent que l’on se permette de le leur reprocher et découvrent les effets d’une roue qu’ils pensaient incapable de tourner ? En regardant, dimanche dernier, la finale du tournoi de Roland-Garros qui opposait l’Espagnol Raphael Nadal au Serbe Novak Djokovic, j’ai déliré, aussi, sur l’adresse des jeunes ramasseurs de balles. Hallucinants ces moments où l’on pense échapper aux contraintes quotidiennes et se débarrasser des idées noires qui ne vous quittent pas quand vous subissez les effets, peu sympathiques, du coronavirus.
C’est là que j’imagine, à la place des deux célébrités, n’importe lesquels de ces anciens hauts responsables qui croupissent en prison et à celle des ramasseurs, leurs courtisans d’alors dont on imagine qu’ils n’hésiteront pas à faire d’autres offres de service à leurs successeurs qui soit se laisseront tenter, soit se contenteront d’identifier de possibles porte-serviettes ou de potentiels prête-noms.
Un tournoi, une belle finale et aucune raison de renouer avec l’image de poisons bien de chez nous auxquels on n’aime pas penser pour s’éviter les indigestions que nous valent les évocations successives de leurs méfaits. Ce sont les ramasseurs de balles qui m’ont branchée avec les malfrats de chez nous. Commencer en bas et ne plus compter ses réussites ou douter de ses victoires. Comment éviter de penser à ceux qui ne perdent jamais le nord ? Pendant que les uns se battent soit pour joindre les deux bouts soit pour surmonter un mal qui menace leur vie, des petits malins exploitent la situation pour en escroquer d’autres.
Ça s’invente des contacts et une réputation. Ça se revendique d’une entreprise prospère et le tour est joué. Même les tampons de regards et les couvercles de poubelles n’échappent pas au vol.
M. B.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.