Frappés de plein fouet par la situation sanitaire liée à la Covid-19, les transporteurs et les chauffeurs de taxi interwilayas sont pressés de reprendre le travail. Pour faire entendre leur voix, ils organisent des sit-in où ils sont nombreux à demander aux pouvoirs publics de trouver une solution optimale leur permettant d’exercer à nouveau leur métier dans les meilleures des conditions.
Contacté par El Moudjahid, Kada Benabou, chargé des affaires nationales du Syndicat national des transporteurs et chauffeurs de taxi et président du bureau SNTT d’Oran, a fait savoir que «ces rassemblements sont de la propre initiative des taxieurs sans demander l’autorisation  ni même informer au préalable le syndicat». Cela étant, poursuit notre interlocuteur, «nous comptons transmettre les doléances de ces travailleurs journaliers que nous représentons à la Fédération nationale des travailleurs des transports relevant de l’UGTA. Pour ce faire, une réunion est prévue, ce matin, au siège de la centrale syndicale UGTA entre la fédération et les bureaux de wilaya du SNTT. Après quoi, le ministère des Transports en sera informé, le 12 septembre, lors d’une réunion à laquelle la fédération est conviée, de toutes les préoccupations émises par les transporteurs et chauffeurs de taxi». Il dit que cette demande de levée du gel, aujourd’hui clairement exprimée, tient au fait que les transporteurs et taxieurs sont considérés comme des travailleurs journaliers et qu’ils vivent uniquement de cela. Or, «en raison de cette inactivité, de nombreuses familles se retrouvent sans ressources depuis un semestre. C’est pourquoi la reprise du travail dans le respect des conditions sanitaires est très souhaitable», souligne Benabou.  Il dit comprendre parfaitement que «le transport interwilayas est la première porte de transmission du coronavirus à travers toutes les régions du pays, mais, d’un autre côté, ces gens-là ont besoin de reprendre le travail». Pour sa part, Abdelkader Benbrahim, secrétaire général du bureau régional de l’Ouest basé à Mostaganem, a évoqué l’importance de la reprise en temps opportun et en veillant au strict respect des mesures dictées par la pandémie. Parmi les propositions présentées, il préconise de revoir à la baisse le nombre des clients de chaque taxi inter-wilayas.
«Ceux qui ont une charge de huit personnes ne devraient embarquer que cinq personnes, et le véhicule pouvant supporter six personnes ne devrait rouler, quant à lui, qu’avec quatre personnes à bord», a-t-il expliqué.  

«Aucun chauffeur de taxi n’a perçu l’indemnité de 30.000 DA.»

L’intervenant a, par ailleurs, soulevé d’autres préoccupations qui concernent, notamment l’indemnité de 30.000 dinars décidée par le président de la République. «Aucun chauffeur de taxi n’a encore perçu cette indemnité», a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de «rassurer la corporation et de la faire bénéficier, le plus tôt serait le mieux, de cette aide de l’État».  
À propos de l’aide de 10.000 DA décidée par le président de la République, Benbrahim affirme que les taxieurs n’en ont profité que durant les trois premiers mois.
«L’aide des dix mille dinars concerne les travailleurs confinés et dans le besoin, et ce cas s’applique toujours aux transporteurs interwilayas. Or, ces derniers n’en ont bénéficié que pour un trimestre seulement», note-t-il. Selon lui, beaucoup de gens du métier sont dans une situation des plus déplorables et n’arrivent même plus à payer la licence de moudjahid dont le prix varie ente 60.000 DA et 180.000 DA l’année.
« Il est nécessaire de trouver une solution qui arrange tout le monde, sachant que les chauffeurs de taxi et autres transporteurs ont toujours respecté les mesures décrétées par les autorités publiques, alors que certains exercent le métier en parallèle sans aucune autorisation», conclut-il.
     Soraya Guemmouri

Auteur: elmoudjahid
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