1. Dans un monde profondément polarisé, l’Oriental Fashion Show offre un harmonieux mariage entre tout ce qui est beau à l’Orient et à l’Occident. Quelle est la vocation de cet événement ?

L’Oriental Fashion Show fête cette année ses 15 ans. Je crois que sa vocation n’est pas seulement de faire rencontrer l’Orient et l’Occident à travers la mode, mais aussi à travers l’histoire, qui se situe au cœur même de la démarche de cet événement qui s’est internationalisé au fil des années.

Il a toujours été question à travers ma quête auprès des stylistes et des designers de trouver la passerelle historique et artisanale entre le Maroc et les autres pays où l’OFS a été organisé.

L’authenticité et la modernité ont été constamment présentes dans mes différents défilés pour ne pas dire dominantes. Chaque créatrice ou créateur vient avec sa propre identité et sa propre histoire qui influencent ses créations. Ces dernières sont le résultat de toute une histoire, mais également, le fruit d’une modernité qui apporte une nouvelle touche à la création ancestrale.

J’espère que l’Oriental Fashion Show a su assurer cette alliance entre l’Orient et l’Occident. Il continuera évidemment dans le cadre de nos partenariats, sa mission sur laquelle, l’accent a été mis à chaque fois que nous déposons nos valises dans un pays hôte.

2 – L’année dernière, vous avez organisé une « Fashion week digitale » sous forme d’une rétrospective en raison du contexte sanitaire lié à la pandémie de la Covid-19. Quelles sont les nouveautés de la 37e édition après cette « période de réflexion » ?

L’année dernière a été marquée par notre édition digitale de l’Oriental Fashion Show. Un pas que nous avons osé et qui a été apprécié par tous. Une certaine démocratisation de la mode et des défilés a été réalisée, puisque nous avons été suivis par les internautes des quatre coins du monde.

Cette année, nous nous sommes attelés à ce que nous organisions notre 37ème édition à Marrakech.

C’est un grand symbole pour moi de revenir au lendemain de l’ouverture des frontières pour célébrer dans mon pays le retour progressif à la vie normale ainsi que la créativité et la mode à Marrakech, surtout après une période qui a été dure pour nous tous compte tenu des restrictions sanitaires imposées.

L’édition de cette année a été marquée par un hommage posthume à feu Mohamed Al Sagher, grand homme de la coiffure arabe et internationale qui a toujours été le partenaire de l’OFS et qui a été malheureusement emporté par la Covid-19.

Des hommages ont été également rendus aux actrices Laila Eloui et Ilham Shahin et le grand styliste égyptien Hany Elbehairy.

De grandes stylistes marocaines de la « haute couture », ainsi que des créatrices du prêt-à-porter ont fait des défilés au plaisir des amoureux du Fashion Show. De belles créations ont été ainsi au rendez-vous.

3 – Dans un défilé haute-couture ayant associé la haute couture orientale et celle occidentale, le caftan marocain a brillé de toute sa splendeur. Quelle est la place de cette tenue originale marocaine dans la haute couture mondiale ?

L’Oriental Fashion Show a vu le jour après une longue réflexion et recherche sur le caftan qui est une grande composante du patrimoine de la grande couture orientale.

Aujourd’hui l’OFS est devenu un « Label » à part entière et je confirme que le Caftan, pièce maitresse de cet événement et qui jouit de l’amour et de la considération des stylistes et des designers du monde entier, a pu acquérir ses lettres de noblesse, grâce au travail fabuleux qu’effectuent les artisans en termes de broderie, de finesse, de travail et de choix de tissus. Le Caftan impose le respect.

D’ailleurs, lors de la première édition des Oriental Fashion Awards à l’UNESCO, le Caftan a connu bien des louanges ce qui a été révélateur de la grandeur de ce patrimoine, d’autant plus qu’il s’agit d’un haut lieu de la préservation du patrimoine et de la reconnaissance de la créativité des artisans à travers le monde.

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Auteur: Meriem IGASS
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