Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi l’imposition prochaine de droits de douane sur les drones et composants liés importés aux Etats-Unis afin de soutenir les entreprises américaines, largement distancées par une industrie chinoise ultra-dominante.
Le président américain a justifié cette décision par la protection de la sécurité nationale des Etats-Unis, alors que les drones peuvent avoir un double usage, à la fois civil et militaire.
Une taxe de 100% doit s’appliquer pour les drones dont le poids au décollage dépasse 25 kilogrammes, pour ceux équipés de caméras thermiques, pour les stations d’accueil pour drones et pour certains composants. Un droit de douane de 25% est prévu pour les drones plus petits.
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Le but, selon Donald Trump, est d’ »encourager la production » de drones aux Etats-Unis et de « réduire la dépendance » à des fournisseurs étrangers. L’industrie américaine « n’a souvent pas été compétitive en termes de coûts face aux drones fabriqués à l’étranger », explique Clayton Swope, spécialiste au sein du centre de réflexion américain Center for Strategic and International Studies (CSIS).
Ces nouveaux droits de douane, qui doivent pour la plupart entrer en vigueur le 3 septembre, constituent la dernière mesure en date du gouvernement pour renverser la vapeur et soutenir une industrie américaine du drone, indépendante des fournisseurs étrangers, et particulièrement chinois.
La société chinoise DJI, fondée en 2006, contrôle plus des deux tiers du marché mondial des drones, selon plusieurs études. Ses produits sont très populaires dans le monde entier, jusqu’à la ligne de front entre l’Ukraine et la Russie.
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La société est depuis plusieurs années dans le collimateur de Washington, qui lui a reproché d’avoir fourni des produits pour la surveillance des minorités ethniques en Chine, en particulier les Ouïghours. Elle est depuis 2022 sur la liste américaine des entreprises chinoises liées à son armée, et qui font dès lors l’objet de restrictions dans l’accès aux technologies américaines. DJI s’était battu en 2024 contre sa présence sur cette liste, assurant n’être « ni détenu ni contrôlé par l’armée chinoise. »
Il est « essentiel que l’Amérique puisse produire ses propres drones sans pièces ou même matériaux venus de Chine », souligne Joshua Steinman, un ancien responsable du Conseil de sécurité national de la Maison Blanche, chargé de la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
Dans une note officielle de décembre 2025, le gouvernement américain établissait le besoin de construire des drones et leurs composants aux Etats-Unis, ce qui « réduirait le risque d’attaque directe et de perturbation par des drones, de surveillance non autorisée, d’exfiltration de données sensibles et d’autres risques à la patrie. »
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Cette « résolution de sécurité nationale » soulignait aussi que les drones sont, de manière « inhérente », à double usage: la plupart des drones, même vendus pour un usage civil, peuvent être utilisés de manière militaire. La guerre en Ukraine a montré l’importance capitale de ces appareils sans pilote sur les champs de bataille actuels.
A la suite de cette résolution de décembre le régulateur américain des télécommunications, la FCC, a ajouté les drones et leurs composants à une liste qui permettrait d’interdire leur importation à l’avenir, même si pour l’instant, « les appareils déjà autorisés peuvent continuer à être utilisés. »
Challenge (Avec AFP)
Auteur: Challenge
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