Il y a un détail assez intéressant qui est, très probablement, passé, inaperçu, dans les bulletins de la situation épidémiologiques ducovid19, édités par le ministère de la santé. Et ce, depuis une dizaine de jours.
Il s’agit du terme cas découverts, pour parler du nombre total de cas répertoriés depuis le début de la crise, avec le mot « découverts » souligné. Alors qu’auparavant, ils écrivaient « nombre total de cas porteurs du virus ».
Le fait de changer le terme « porteurs » par celui de « cas découverts » est assez significatif. Car il introduit en cette période où toute la réalité va devoir, obligatoirement, éclater au grand jour, le fait que le nombre réel des contaminations, en Tunisie, est très, mais alors, très supérieur à celui déclaré. D’où, la remarque « cas découverts » pour dire qu’il ne s’agissait que des cas découverts par les tests… Une reconnaissance en catimini, qu’en réalité, le nombre est, des centaines de fois, supérieur aux 80 mille cas annoncés.
Cette précision dans le lexique du ministère de la santé a été décidée, dernièrement, car on va, très bientôt, devoir annoncer le nombre réel des infections dans le pays. Pourquoi ? Pour expliquer, tout bonnement, pourquoi on ne va acheter que deux millions de doses de vaccin.
Car dans la logique des choses, pour qu’une population donnée soit immunisée contre un virus, au point de stopper sa circulation, il faut qu’au moins, 60% de cette population soit immunisé. Et pour être immunisé, il faut avoir été vacciné, ou, plus simplement, avoir été infecté par le virus en question.
Or, en suivant cette logique, on se rend compte qu’avec deux millions de doses, pour vacciner deux millions d’individus, on est très loin des 60% des 12 millions de tunisiens, même si on y ajoute les quelques 80 404 infections recensées à ce jour.
Donc, de deux choses l’une : Soit on va dépenser des millions de dollars pour acheter trop peu de vaccins pour pouvoir immuniser le peuple tunisien, et l’abandonner, ainsi, à son sort devant cet ogre de covid19. Soit, alors, qu’avec les deux millions de doses, on espère, réellement, atteindre l’immunisation de 60% de la population, soit un peu plus de sept millions d’individus. Dons, si on compte bien, en plus des deux millions de vaccinés, le ministère de la santé table sur un chiffre réel de personnes infectées de l’ordre de cinq millions. Ou, peut-être table-t-il sur le fait d’atteindre ce chiffre de 5 millions d’infections autour du mois de juin, quand le vaccin sera livré à la Tunisie !
Donc, si on comprend bien, le ministère de la santé pense en le fort intérieur de ses éminents statisticiens que le nombre de contaminations doit être, actuellement de l’ordre de deux à trois millions, pour qu’il atteigne les 5 millions en juin.
Or, même si on n’est pas des pros de la médecine préventive et si on ne comprend rien à la science de nos éminents experts en médecine communautaire, on présume qu’en termes de stratégie de lutte et de prévention, il y a une énorme différence entre 80 mille et trois millions de cas.
Peut-être qu’avec trois millions de cas de contamination, on devrait être plus « conciliant » avec ces milliers de citoyens qui sont, en ce moment, privés de leur gagne pain, et de ces centaines de personnes qui risquent, carrément, la prison, pour des affaires de on payement.
En résumé, le citoyen tunisien est condamné à naviguer à l’aveugle, dans ce pays, et de se fier à des chiffres, très certainement faux, qui lui sont livrés par des gens qui refusent de reconnaitre qu’ils sont trop « petits » pour la tâche !
De toutes les façons, un jour, et c’est certainement, pour bientôt, la vérité éclatera au grand jour. Et certains devront en répondre, sauf pour ceux qui auront, entretemps réussi à se trouver un créneau à l’étranger… Et pourquoi pas avec l’OMS si cette organisation leur a dicté la conduite à tenir, depuis le début de l’affaire ?

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Auteur: Saber .
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