Depuis hier, et presque tout de suite après l’accident du bus qui a coûté la vie à 26 jeunes, les déclarations se suivent, plus déformées et plus folles les unes que les autres. Alors que les autorités officielles sont formelles, par rapport aux causes du drame, de nombreuses autres voix se sont élevées de façon, plutôt, bien orchestrée pour qu’elles soient spontanées, pour affirmer que la route et son état sont en cause de l’accident.
Eh bien, oui ! La route est difficile… Et elle n’est pas évidente à négocier de la part de conducteurs pas assez expérimentés, surtout quand ils évoluent aux commandes d’engins préhistoriques, dont on ne compte plus les défauts et les pannes. Et la route est bien signalée par une signalisation horizontale et verticale pour avertir des pièges qu’elle recèle… Elle est ponctuée de panneaux de limitation de vitesse, et d’interdiction de dépasser… La vitesse y est, souvent, limitée à 50 km à l’heure, et ses virages sont renforcés par des murets de pierres et des glissières de sécurité… Tout çà ne semble pas satisfaire ceux qui veulent coûte que coûte, faire endosser la responsabilité de ces 26 décès à l’infrastructure routière. Et ils refusent catégoriquement de regarder vers l’âge du bus, son état, les résultats de ses derniers contrôles techniques… Et, surtout, la vitesse à laquelle roulait le conducteur, et qui est restée figée sur le compteur, comme un aveu posthume… plus de 110 km à l’heure.
Si Kaïs Saïed veut réellement réagir à ce drame, il serait intéressant de se retourner vers ceux qui sont en train de soutenir la thèse de la route en mauvais état. Il faudrait, peut-être se demander pourquoi, ils veulent orienter l’enquête vers l’état de la route ? Serait-ce pour éloigner les accusations de leurs personnes ou de leurs entreprises ?
N’est-il pas criminel de transporter des jeunes sur des routes aussi dangereuses avec des bus âgés d’une vingtaine d’années ? Et, à ce sujet, il serait intéressant de vérifier si la législation exige une limitation d’âge pour les bus de transport en commun, comme il est d’usage pour les voitures de location. Sinon, il faudrait penser à remédier à ce vide législatif, le plus tôt possible… C’est comme l’exemple des ambulances, exemple, justement, cité par Kaïs Saïed, hier, en disant qu’on faisait attendre les gens qui ramènent des ambulances de l’étranger. Monsieur le Président doit, bien se douter, que les ambulances ramenées par des tunisiens de l’étrangers, sont achetées au marché des véhicules d’occasion, après qu’elles aient été réformées dans leur pays d’origine. Et, paradoxalement, le cahier de charges régissant le parc des ambulances ne fixe aucune limite d’âge. Ce qui fait que la Tunisie est en train de se transformer, petit à petit, en une décharge des pays européens qui se débarrassent de leurs véhicules inutilisables, en les revendant à des tunisiens, ou à d’autres ressortissants africains.
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Auteur: Saber .
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