Plus le temps avance, plus les délais s’amenuisent, et plus la situation devient critique pour le chef du gouvernement désigné, Elyes Fakhfakh. En effet, ces dernières heures ont montré que le soutien politique du nouveau gouvernement est en train de s’effriter et de rétrécir comme peau de chagrin.

Après Ennahdha qui a posé des conditions inacceptables pour Elyes Fakhfakh, en voulant le forcer à intégrer le parti 9alb Tounes dans les pourparlers, à défaut de vouloir l’accepter au sein du gouvernement, voilà que deux autres partis, se sont  mis, aujourd’hui, au diapason du discours des islamistes. Il s’agit, en l’occurrence du courant démocratique et du mouvement Achaâb. Ces deux partis qui n’en sont pas à leur premier coup tordu de dernière minute à l’égard d’un chef du gouvernement, ont, en effet, changé de cap, sur la dernière ligne droite, en déclarant que le chef du gouvernement désigné devrait revoir sa stratégie, et élargir au maximum son soutien politique. Achaâb étant, même, allé jusqu’à annoncer que Fakhfakh devrait, au moins, inviter les représentants de 9alb Tounes, à sa table de pourparlers, quitte à ne pas le faire participer eu gouvernement.

Des déclarations qui font perdre le nord à la majorité des observateurs, qui s’interrogent sur les raisons de ce revirement de dernière minute. Certains se demandant si l’accès au pouvoir ne ferait pas peur à ces politiciens de gauche, trop habitués à être dans l’oppositions, et, probablement, trop conscients de la difficulté de la tâche qui attend le prochain gouvernement, et qui risque de consumer ceux qui vont y participer. Mais de là à s’aligner avec la position d’Ennahdha, il y a de quoi être sidéré. Est-ce que les islamistes ne seraient pas derrière ce revirement de la part d’Attayar et d’Achaâb ? Et dans ce cas, quel moyen de pression aura pu utiliser Ennahdha pour convaincre ces deux partis à se ranger de son côté ?

Sont-ils, au moins, conscients qu’Ennahdha pourrait les manipuler pour leur couper la route de La Kasbah, eux qui ne cessent de se promettre d’ouvrir certains dossiers qui la dérangent ?

Et en cas de désistement de ces deux partis, que va faire Ennahdha ? Va-t-elle faire de sorte de revenir à la formule de 2014, avec une alliance, non pas avec Nidaa Tounes qui a, entretemps, disparu, mais avec ses dérivés comme 9alb Tounes, Tahya Tounes, la réforme nationale et Cie ?

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Auteur: Ramsis
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