La notoriété de l’Etat est, en effet, en perte de vitesse. Depuis que des lumières en politique ont eu à l’idée de léguer aux régions et aux communes, la gestion des collectivités, l’Etat s’est désengagé de cette responsabilité qui devait être son premier centre d’intérêt, et les affaires des citoyens ont été confiés aux élus locaux. Et ces élus locaux sont, le plus normalement du monde, en train de tout faire pour satisfaire leurs électeurs. Or ce que l’on ne sait pas c’est que d’électeurs, les élus locaux ne parlent pas des vrais électeurs, ceux qui ont voté pour eux, mais, plutôt, des mécènes et autres lobbyistes qui ont financé leurs campagnes ou qui leur ont acheté les voix des votants.
Du coup, c’est la foire totale, dans les régions, du moins, dans la majorité des régions. Puisque l’Etat est absent, et ceux qui l’ont remplacé sont manipulés, voire commandés par ce qu’on s’est mis d’accord à qualifier d’argent politique.
Dans tout çà, c’est le citoyen qui trinque. Il ne peut plus faire prévaloir ses droits. Il est malmené par les autorités locales qui se dressent contre lui dès que ses intérêts ne coïncident pas avec ceux de leurs « bienfaiteurs ». Et le plus beau c’est qu’il n’a plus aucun recours, puisque l’Etat et le pouvoir central se sont lavés les mains de ses problèmes.
L’exemple type de cette mascarade nous vient, cette fois, de Mahdia, où un citoyen, en désespoir de cause, s’en est remis à la rédaction de TunisieNumerique, dans l’espoir de faire entendre sa voix, et recouvrir ses droits.
Ce citoyen se plaint d’un voisin « indélicat » qui a acheté devant sa villa, et qui s’est permis tous les dépassements imaginables en matière de conformité à l’autorisation de bâtir, au plan d’aménagement et aux caractéristiques du quartier. Il n’a, entre autre pas respecté le taux d’occupation du sol, ni le retrait par rapport à ses voisins, ni, non plus, la hauteur autorisée.
Sauf que notre interlocuteur n’a pas pu faire prévaloir ses droits face à ce voisin qui serait, selon les riverains l’une des « personnalités influentes » de la ville, et qui aurait « dans la poche », la plupart de ses notables. Résultat des courses, notre interlocuteur se trouve avec deux arrêtés de la commune, le premier pour arrêter les travaux de bâtiment, et le second, pour destruction de tout ce qui a été bâti illégalement. Deux arrêtés qu’il n’a jamais pu mettre à exécution, depuis déjà un an.
Notre interlocuteur, un citoyen moyen qui a usé sa vie dans le service de la nation, en tant que fonctionnaire. Et quand il a espéré savourer une retraite bien méritée, il n’a pas trouvé cet Etat pour d’aider à recouvrir ses droits. Il ne pouvait pas prévoir que le pays allait être livré à des élus locaux, eux même, contrôlés par « les personnalités influentes » des régions, sans aucun espoir de recours auprès du pouvoir central, trop content de s’être débarrassé de ces tracas qui n’en finissent jamais.
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Auteur: Yassine Atoui
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