The liveblog has ended.

Unique unité de raffinage du pays, la raffinerie exploitée par la Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR) constitue le socle industriel de la chaîne pétrolière nationale.

Implantée à Bizerte, elle assure la transformation du brut et l’approvisionnement du marché intérieur en produits pétroliers dans un contexte marqué par l’érosion continue de la production locale.

En 2024, les volumes de brut raffinés se sont situés à 1,1 million de tonnes, soit environ 21 000 barils par jour, un niveau stable par rapport à 2023, malgré l’arrêt de l’unité de distillation atmosphérique durant soixante jours. Cette résilience opérationnelle intervient alors que la production nationale de pétrole brut a reculé de 13% sur un an, à 28 500 barils par jour.

Progression de la production des dérivés

Avec une capacité nominale de 34 000 barils par jour, la raffinerie couvre près de 30% des besoins nationaux en produits pétroliers. Le solde est assuré par les importations, ce qui souligne le rôle critique de l’outil de raffinage dans la maîtrise de la facture énergétique et la sécurisation des approvisionnements.

Malgré la contraction des ressources locales, la Tunisie a enregistré en 2024 une hausse de 9% de sa production de produits pétroliers. Le volume total a atteint 1,15 million de tonnes contre 1,06 million un an auparavant.

Cette dynamique est principalement portée par l’augmentation de la production de gazole, en hausse de 15% à 477 000 tonnes, et du fuel oil, en progression de 7% à 338 000 tonnes. La production de naphta a également bondi de 29% à 291 000 tonnes. En revanche, le gaz de pétrole liquéfié a reculé de 19% à 21 000 tonnes, tandis que le white spirit a progressé de 23% à 10 000 tonnes.

Cette évolution industrielle s’inscrit dans un contexte de reprise de la demande intérieure. La consommation nationale de produits pétroliers a progressé de 3% pour atteindre 4,55 millions de tonnes. La demande en essence a augmenté de 9% à 870 000 tonnes, et celle en gazole de 6% à plus de deux millions de tonnes, traduisant la reprise des activités de transport et le redressement du secteur des services.

Une dépendance accrue aux importations de brut

Le fonctionnement de la raffinerie repose quasi exclusivement sur du brut importé. En 2024, le pétrole en provenance d’Azerbaïdjan a représenté 74% des volumes raffinés, contre 55% en 2023. La part du brut national s’est limitée à 26%.

Cette concentration des sources d’approvisionnement accroît l’exposition du pays aux fluctuations géopolitiques et aux tensions sur les marchés internationaux. Elle renforce, par conséquent, l’urgence de consolider les capacités nationales de raffinage afin de réduire la vulnérabilité énergétique.

Les importations tunisiennes de produits pétroliers ont atteint 3,92 millions de tonnes en 2024, en hausse de 7% par rapport à 2023. Le gazole domine les achats extérieurs avec 1,07 million de tonnes, suivi de l’essence à 899 000 tonnes, en forte progression annuelle.

Parallèlement, les exportations de produits pétroliers ont progressé de 24% pour s’établir à 612 000 tonnes. Cette performance reflète une amélioration du taux d’utilisation des installations et la capacité de la raffinerie à valoriser d’éventuels excédents lorsque les conditions d’exploitation le permettent.

Modernisation industrielle et projet de Skhira

Face à ces enjeux, la Société Tunisienne des Industries de Raffinage poursuit un programme de modernisation de ses unités et de mise à niveau de ses systèmes de sécurité et de conformité environnementale, en synergie avec les standards internationaux du raffinage. L’objectif est double, améliorer l’efficacité énergétique et réduire les coûts d’exploitation tout en limitant l’empreinte environnementale.

En parallèle, les autorités tunisiennes projettent la création d’une nouvelle raffinerie à Skhira. Ce projet structurant vise à accroître les capacités nationales de transformation, à réduire le recours aux importations de produits raffinés et à rééquilibrer la balance énergétique. Au-delà de l’enjeu énergétique, l’investissement attendu devrait stimuler l’emploi et dynamiser le tissu logistique et industriel dans le sud du pays.

Dans un contexte de volatilité persistante des prix internationaux et de pression croissante sur les finances publiques, le raffinage apparaît comme un instrument clé de souveraineté économique. Le renforcement de la raffinerie de Bizerte et la concrétisation du projet de Skhira constituent les deux axes majeurs d’une stratégie nationale orientée vers la sécurisation durable des approvisionnements et la maîtrise de la facture énergétique.

Les efforts engagés par les autorités traduisent une volonté affirmée de repositionner le secteur du raffinage au cœur de la politique énergétique, avec pour ambition de consolider la résilience économique et de réduire structurellement la dépendance extérieure de la Tunisie.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.