Tous les regards sont tournés, depuis deux jours, vers le palais de Carthage, dans l’attente de la déclaration, par la présidence, du candidat choisi par Kaïs Saïed, pour le charger de former le prochain gouvernement.

Or, ce que beaucoup ne semblent pas saisir, c’est que le président de la République s’est mis dans une situation très inconfortable, et se trouve devant un dilemme de taille :

Est-ce qu’il va suivre la voix du cœur ou la voix de la raison ?

En effet, Kaïs Saïed est bien tenté de suivre la voix du cœur qui lui indique de saisir cette occasion inespérée, de tout pouvoir contrôler, afin de mettre en place le projet si cher à son cœur, et à celui de ses supporters. Et ils doivent être nombreux à lui susurrer, que du moment que les députés auront trop peur de risquer des élections prématurées, au point d’accepter n’importe quel candidat et n’importe quel gouvernement, d’envoyer tout ce beau monde de la politique balader, et d’ignorer leurs propositions, pour faire passer, en force, un chef de gouvernement de son choix, qui pourra l’aider à concrétiser ses vœux et réaliser ses projets, si particuliers. Dont, notamment, celui de changer le système politique du pays, voire même, dissoudre le parlement, et le remplacer par son système de « pyramide de gouvernance », et ses conseils régionaux…

Mais le problème c’est que Kaïs Saïed sait très bien que cette voix du cœur ne pourrait le mener bien loin. Car en ignorant les propositions des partis politiques, il va devoir assumer deux choses assez lourdes.

D’abord il va devoir assumer la totale responsabilité d’un éventuel échec de son chef du gouvernement, qui se verra expulser par la petite porte par  les représentants du peuple, qui se feraient un plaisir à le faire, pour se venger de celui qui en veut à leur gagne pain et leur situation si chèrement conquise.

Et ensuite, il va se mettre sur le dos la totalité de la classe politique du pays qui va s’évertuer à faire, justement, chuter le gouvernement à la première occasion qui se présentera à eux, après que le spectre des élections prématurées se soit éloigné de sur leurs têtes. Et Kaïs Saïed restera isolé du reste de la scène politique du pays, et se trouvera confiné à Carthage, incapable d’entreprendre la moindre action.

Donc, à priori, Kaïs Saïed aura tout intérêt à écouter les conseils de la « partie sage » de son entourage, et opter pour la voix de la raison, en choisissant parmi les candidats qui lui ont été proposés par les partis. D’autant plus qu’il n’aura aucune responsabilité si jamais le gouvernement échoue à plus ou moins court terme. Ce qui n’est pas à exclure, vu la conjoncture actuelle.

Donc, il va, dans cette optique, choisir la personne à nommer, en se basant sur deux critères faciles à évaluer. D’abord, il va calculer le ou les candidats qui ont le plus de soutien de la part des partis, donc, ceux qui auront le plus de voix pour passer à la séance du vote de la confiance. Ensuite, et pour ne pas se mouiller, il va essayer d’appliquer le critère du choix de la personne la plus intègre et celle sur laquelle ne pèse aucun soupçon. Ce qu’il a, déjà, entrepris, puisqu’il a, dores et déjà, demandé aux services du ministère de l’intérieur, de lui fournir les casiers de tous ces messieurs et dames. De cette façon, il sera déchargé de toute responsabilité dans un très probable échec du gouvernement, puisqu’il n’aura fait que se plier aux choix du pouvoir législatif, conformément aux dispositions de la constitution, qu’il s’est donné un honneur de respecter.

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Auteur: Saber .
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