Tunisie – Code des changes : face à l’absence de réponse de la BCT, Maher Ketari appelle Kaïs Saïed à intervenir [Déclaration]Tunisie – Code des changes : face à l’absence de réponse de la BCT, Maher Ketari appelle Kaïs Saïed à intervenir [Déclaration]

Le président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari, a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à intervenir auprès du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie afin d’accélérer l’examen du projet de nouveau Code des changes.

Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, le député a affirmé que le texte était bloqué depuis près de huit mois, en raison, selon lui, de l’absence de réponse de la Banque centrale aux demandes adressées par le Parlement.

Des courriers restés sans réponse

Maher Ketari a indiqué que la Commission des finances et du budget avait sollicité à plusieurs reprises l’avis du gouverneur de la Banque centrale sur le projet de Code des changes.

Il a toutefois déploré l’absence d’interaction avec les députés, estimant que l’institution monétaire devait communiquer avec les représentants du peuple sur un dossier d’une telle importance.

« Nous lui avons écrit à plusieurs reprises afin qu’il nous transmette ses observations sur un projet aussi important que le Code des changes », a-t-il déclaré.

Le député a également repris les propos du chef de l’État selon lesquels la Banque centrale n’est pas indépendante de l’État, estimant que son dialogue avec le Parlement constitue une obligation institutionnelle.

Un texte jugé essentiel pour l’économie

Le président de la Commission des finances a souligné que l’avis de la Banque centrale était indispensable, compte tenu de son rôle dans la mise en œuvre future du Code des changes.

Il a rappelé que l’institution monétaire est directement concernée par plusieurs dispositions du projet et qu’elle sera appelée à participer à son application une fois le texte adopté.

Selon Maher Ketari, les acteurs économiques s’accordent sur la nécessité de moderniser la réglementation des changes afin de soutenir l’investissement, faciliter les transactions et améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne.

Une discussion article par article envisagée

Le député a estimé qu’il était désormais nécessaire d’engager l’examen du projet article par article au sein de la Commission des finances et du budget.

Il a cependant précisé que cette orientation devait d’abord être débattue entre les membres de la commission avant toute décision définitive.

Maher Ketari a reconnu que les députés pouvaient accorder un délai supplémentaire à la Banque centrale pour transmettre son avis, tout en avertissant que le dossier ne pouvait pas rester bloqué indéfiniment.

« La Tunisie est engagée dans une course contre la montre »

Le parlementaire a affirmé que la Tunisie était engagée dans une course contre la montre pour mettre en œuvre les réformes nécessaires au redressement de son économie.

Il a estimé que l’absence d’avancement sur le Code des changes risquait de faire perdre au pays un temps précieux, qualifiant cette situation de regrettable.

« La Tunisie est dans une course contre la montre et, avec cette approche, le gouverneur de la Banque centrale nous fait perdre cette course », a-t-il déclaré.

Un objectif de croissance de 4 %

Maher Ketari a enfin lié l’adoption du nouveau Code des changes aux objectifs économiques inscrits dans le futur plan de développement.

Selon lui, atteindre un taux de croissance de 4 % nécessitera l’adoption d’un nouveau Code des changes, mais également d’un nouveau Code de l’investissement.

Il a estimé que ces deux réformes législatives étaient indispensables pour renforcer l’attractivité de la Tunisie, stimuler l’investissement et soutenir la croissance de l’économie nationale.

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Auteur: Donia Zeghidi
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