Comme à son accoutumée, le parti islamiste d’Ennahdha n’arrive pas à se défaire de sa manie de vouloir cacher ses intentions, en disant une chose et son contraire. On dirait qu’ils n’arrivent, toujours, pas à sortir de l’esprit et des réflexes qu’ils avaient du temps de la clandestinité.
Concernant sa position par rapport à l’urgence de mettre en place, la cour constitutionnelle, surtout, après les sueurs froides que tout le monde a eu, le jeudi dernier, quand certaines parties, dont, d’éminents partisans d’Ennahdha, ont annoncé le décès du président de la République, et le débat qui s’en est suivi, quand à savoir, en l’absence de la cour constitutionnelle, qui aura le pouvoir de prendre sa place dans le cas précis et critique de vacance au pouvoir, Ennahdha n’a pas donné un avis net et tranchant sur cette question.
Le parti islamiste a, bien, publié un communiqué appelant à accélérer la mise en place de cette cour, sans laquelle tout le processus démocratique serait en jeu. En apparence, Ennahdha appelait, donc, à respecter la loi et la légitimité des institutions.
Mais, ne voilà-t-il pas, que dans le même communiqué, le même parti appelle à transgresser la loi et à ne respecter aucune légitimité, en appelant à ratifier par un texte de loi, les prérogatives de l’instance provisoire de vérification de la constitutionnalité des lois, pour lui ajouter le pouvoir du constat de la vacance à la tête du pouvoir et de prendre les dispositions qui en découlent. Or les éminents légistes du parti, ceux-là mêmes, qui nous ont gratifiés de la meilleure constitution du monde, savent bien que cette instance provisoire est créée par la constitution, donc qu’il est impossible de ratifier les textes qui la concernent par de simples lois. Ce qui serait anticonstitutionnel.
C’est à n’y rien comprendre, quand on étudie le dernier communiqué d’Ennahdha à ce propos, sauf, peut-être, qu’Ennahdha n’a aucunement envie d’achever la mise en place de la cour constitutionnelle, bien qu’elle le demande publiquement, et qu’elle compte bien continuer à fonctionner avec l’instance provisoire en question.
La question reste, donc, à savoir pourquoi Ennahdha n’est pas pressée de mettre en place la cour constitutionnelle ? Pourquoi veut-elle, absolument, donner les prérogatives de cette cour à l’instance provisoire ? Ont-ils peur de quelque chose ? Auquel cas, de quoi ? Ou seraient-ils dans l’attente de quelque chose d’autre qu’ils sont les seuls à connaitre ?

Auteur: Ramsis
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