Sachant la situation épidémiologique de plus en plus critique et conscient de l’affolement général des tunisiens par rapport à cette maladie, le président de la République, Kaïs Saïed ressentait l’obligation d’intervenir d’une façon ou d’une autre, pour rectifier le tir de la gestion erronée de la crise et pour entreprendre une action dans le but d’apaiser un tant soit peu les craintes des citoyens.

Sauf que, limité par ses prérogatives et très mal briefé par son cabinet, le président a, encore une fois, raté une occasion en or de se distinguer sur une scène de médiocrité générale.

En effet, le cabinet du président ne voyant pour seule possibilité d’action que le recours à l’armée, qui demeure de son ressort, lui a conseillé de déclarer qu’il a ordonné l’installation d’un laboratoire d’analyses biologiques mobile militaire pour effectuer les tests virologiques de dépistage de la Covid à Sidi Bouzid.

C’est, justement, là, que son cabinet lui a fait commettre une erreur monumentale. Une double erreur, même.

Premièrement, le problème des tests de dépistage de la Covid ne réside pas dans le manque des laboratoires d’analyses, mais plutôt dans le manque de kits de prélèvement.  Kits que le ministère de la santé n’a pas jugé utile d’importer en quantité suffisante, au début de la crise, contrairement à ce qui était recommandé. Il faut croire que le ministère n’avait aucune vision claire de l’évolution de l’épidémie et, par conséquent, aucune stratégie d’anticipation valable.

Deuxièmement, on l’a induit dans une grossière erreur, en lui suggérant de faire installer ce laboratoire à Sidi Bouzid. Choix purement populiste, pour la symbolique de la région, réputée être le « berceau de la révolution ». Or, ce faisant, Kaïs Saïed s’est, obligatoirement, mis sur le dos les tunisiens des autres régions qui se considèrent autant, si ce n’est plus, atteints par la maladie et se sentent abandonnés par celui qui se devait de rester le président de tous les tunisiens.

Un choix et des erreurs que le cabinet pouvait, très facilement, éviter en suggérant au président des actions plus concrètes et plus efficaces, et qui demeurent, plus que jamais de ses prérogatives, puisque la santé publique, en ces circonstances de pandémie, relève de la sûreté nationale. On aurait pu suggérer à Kaïs Saïed, par exemple, de convoquer le conseil de la sûreté nationale ainsi que les acteurs dans le domaine de la santé publique, pour discuter de la situation, et aboutir à de nouvelles propositions et une nouvelle stratégie. Il aurait pu, par la même occasion, faire une action qui aurait été saluée par tous les tunisiens, celle de demander des comptes aux responsables de ce désastre et de les sanctionner en conséquence.

19 Partages

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: Saber .
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.