Il devient évident qu’ennahdha panique, et ses dirigeants ne savent plus où donner de la tête. Ils sont, depuis deux jours, en train de multiplier les sorties médiatiques, pour souffler le chaud et le froid, pour parler de la théorie du complot, si chère à eux, et pour avertir de la catastrophe qui pourrait survenir si jamais on en arrivait à éjecter leur cheikh du perchoir de l’ARP.

En cause de cette panique bleue, les informations qui se seraient confirmées pour eux, en rapport avec l’obtention par leurs détracteurs de plus que les 109 voix requises pour destituer Rached Ghannouchi. Et cette éventualité les affole, car il s’agira d’un premier énorme camouflet pour leur chef et qui ne manquera, certainement, pas de les éclabousser et d’entamer leur image et leur notoriété. Ce qui équivaudrait, pour eux, une entrée de plein pied, dans une ère de fin de règne.

Mais, il n’y a pas que la motion de censure à l’encontre de Rached Ghannouchi qui préoccupe au plus haut degré les nahdhaouis. Il y’a, aussi, les plans de Kaïs Saïed, et le gouvernement qu’il va soumettre à leur vote par l’intermédiaire de Hichem Mechichi.

En effet, Ennahdha ne sait pas sur quel pied danser et quelle attitude adopter pour ce vote. Si elle vote la confiance au gouvernement, de toute évidence, apolitique que Mechichi va leur proposer, Les islamistes vont se retrouver hors du cercle du pouvoir et de la décision. Ce qui ne pourrait, en aucun cas, les arranger, vu les dossiers que risque d’ouvrir le prochain gouvernement, ce qui équivaudrait à la perte pure et simple du parti et de ses acquis.

Et s’il leur vient l’idée de voter la censure au gouvernement de Mechichi, sachant qu’ils n’ont pas, tant que çà, peur de la perspective d’élections prématurées, le problème c’est qu’ils savent que leur « meilleure constitution du monde » prévoit que le président de la République dissout le parlement et appelle à des élections générales, mais elle ne fixe pas de délais pour cette opération. Ce qui fait que Kaïs Saïed pourrait prendre tout son temps avant d’appeler aux élections anticipées, et aurait tout loisir à s’acharner sur un parlement amoindri, et il pourrait, même, lancer la réforme si chère à son cœur, de la loi électorale, voire, même, le référendum pour le changement de système politique. Ce qui équivaudrait, là aussi, à les mener, directement, à leur perte.

Surtout que Kaïs Saïed est en train de prendre de plus en plus de distance de la confrérie et de ses alliés… Et son entretien, aujourd’hui, avec le ministre saoudien des affaires étrangères ne pourrait que raviver encore plus, leurs craintes.

Il est, donc, évident, qu’ils se trouvent dans une situation pour le moins qu’on puisse dire, inconfortable, et qu’il y a de quoi les pousser à la panique qui se lit dans leurs visages et actions.

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Auteur: Ramsis
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