Ennahdha a accusé le coup et reconnu son échec cuisant à former un gouvernement, et a compris que les gens ne sont plus suffisamment dupes, ou suffisamment cupides, pour venir s’allier avec elle, et risquer de connaitre le sort de tous ceux qui l’ont fait avant eux, et qui ne sont plus que de vagues souvenirs.
Mais Ennahdha n’est pas prête à lâcher le morceau. Et, en même temps, elle n’est pas prête à tenter l’aventure de gouverner toute seule, et à se jeter dans la gueule du loup, en assumant, toute seule, les conséquences de sa gestion des neuf dernières années, alors qu’elle gouvernait derrière la vitrine d’autrui, pour ne pas endosser la responsabilité des échec répétitifs.
Or, les alternatives viennent à manquer devant les islamistes, pressés par les délais constitutionnels et par la hantise d’abandonner leur sort entre les mains de Kaïs Saïed.
Et cette hantise était plus qu’évidente et palpable, dans les propos d’Abdehamid Jelassi, qui a accordé une déclaration aux médias pour expliquer que le mouvement n’a plus guère que trois possibilités : Soit former un gouvernement de minorité et tenter de la faire passer en force à l’ARP… Soit s’allier à tout le monde et n’importe qui, y compris le diable, pour s’assurer une majorité confortable au parlement… Sinon, il ne lui restera que la troisième alternative, celle de s’en remettre au président de la République, tout en sachant le sort que Kaïs Saïed se promet de réserver à tous ces partis politiques et tous leurs élus.
Et en faisant cette déclaration aux médias, Abdelhamid Jelassi s’adressait, surtout, aux autres partis et aux députés, pour leur rappeler qu’ils sont en train de risquer leurs sièges, si chèrement acquis et leur part de pouvoir. Car les choix devant eux ne sont plus très nombreux : Ils votent la confiance au gouvernement que va leur proposer Ennahdha, sinon ils vont être obligés de voter en faveur d’un gouvernement chargé par Kaïs Saïed, ou, alors, aller, carrément, à la dissolution de l’ARP, et de nouvelles élections qui s’annoncent pour eux, plus qu’hasardeuses.
De cette façon, Abdelhamid Jelassi compte incruster dans l’esprit des autres, la même hantise qui habite les islamistes, en leur rappelant qu’ils risquent de perdre leurs sièges et leurs statuts.
Autrement dit, il leur rappelle qu’ils n’ont pas d’autre choix que de voter en faveur du gouvernement qui leur sera proposé, même s’il s’agit, comme il l’a dit, d’un gouvernement qui ne représente qu’une minorité, pourvu que les cartes ne tombent pas entre les mains de Saïed.
A partir de cette déclaration de Jelassi, les islamistes vont essayer de voir quelle sera la réaction des députés face à cet ultimatum, pour pouvoir trancher entre le choix d’un gouvernement de minorité qui bénéficierait de la confiance des députés qui auront peur de tout perdre, ou celui de consentir le maximum de concessions pour rallier à eux le maximum de formations politiques, toujours avec le spectre de Kaïs Saïed en arrière plan !
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Auteur: Ramsis
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