On peut dire que le ministre de la santé par intérim, Habib Kchaou, a reçu en héritant de ce département, un cadeau empoisonné.

En effet, bien qu’il ait repris le flambeau de la santé sur les chapeaux des roues, et bien qu’il ait engrangé, depuis sa prise de fonctions, réunion sur réunion, et commissions sur commission, il ne sera, probablement, pas à l’abri de quelques surprises.

Car quoi qu’on en dise, la gestion de la crise du covid par Abdellatif Mekki est loin d’avoir été aussi exemplaire qu’on veut bien nous faire croire. On serait, plutôt, enclin de dire que sa gestion a été aussi hasardeuse qu’heureuse. Et jusqu’à présent, ni lui, ni ses lieutenants ne peuvent dire, avec certitude, à quoi ils doivent leur victoire sur la maladie, lors de la première manche.

Mais, toujours est-il que cette gestion a connu beaucoup de points faibles, essentiellement, en matière d’achat de tests et autres dispositifs, ou de traitements spécifiques, ou de prise de décisions hésitantes et avec beaucoup trop de retard, surtout, en ce qui concerne les mesures de protection au niveau des points de passage frontaliers, au moment de la levée du confinement. Sans parler de la gestion des dizaines de milliards de la cagnotte du fond du covid.

Les retombées de ces insuffisances commencent, d’ailleurs, à se faire ressentir ces derniers jours, avec une reprise de la notification de plus en plus de cas d’infection, ainsi que l’apparition de plus en plus de cas de contaminations locales.

Ce qui laisse prévoir que la suite des évènements en rapport avec l’épidémie sera loin d’être de tout repos, et les risques de dérapages sont bien trop nombreux et réels.

Et dans ce contexte, il faut reconnaitre que l’ancien ministre, Abdellatif Makki, ne remerciera jamais assez Elyes Fakhfakh de l’avoir congédié juste à temps, pour qu’il puisse partir avec les honneurs d’une hypothétique victoire, en laissant son successeur hériter de la responsabilité de ses trop nombreuses erreurs.

Mais Habib Kchaou a bien compris la situation et pressenti les défis. Et c’est ainsi qu’il a gardé la même équipe qui a travaillé avec Abdellatif Makki, et a gardé le même cap, et les mêmes actions, histoire de montrer qu’il n’a fait que remplacer son prédécesseur sur son fauteuil, et que, question travail, il a laissé à l’ancienne équipe le soin de continuer le même protocole. Ce qui le désengage, somme toute, de toute responsabilité… Au cas où !

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Auteur: Ramsis
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