La déclaration conjointe que feront Conté et Chahed à l’issue de leurs entretiens sera attendue avec grande attention. Eclairages.
« Il ne pouvait se trouver meilleure date que celle-ci pour réunir le premier sommet intergouvernemental tuniso-italien, avec, d’une part, l’évolution de la situation en Libye et, d’autre part, l’avancée de la coopération bilatérale » confie à Leaders une source romaine. L’Italie a choisi de tenir ce sommet, en ce moment précis et à Tunis, pour marquer tout son soutien à la Tunisie, et lui donner le plus de visibilité possible. Le Printemps arabe souhaité, celui de la démocratie, de la stabilité et de la modernité, c’est celui que réussit la Tunisie et nous aurions tant aimé qu’il se décline partout ailleurs », poursuit-elle.
Libye : inquiétudes partagées, action commune
« L’Italie est impatiente, ajoute notre source, d’écouter l’analyse du président Béji Caïd Essebsi quant à la situation dans la région, particulièrement en Libye, ajoute notre source. Nos deux pays partagent quasiment la même position au sujet de la Libye, à savoir un cessez-le feu immédiat, le refus de toute ingérence extérieure, le retour à la table du dialogue inter-libyen pour une solution politique sous les auspices des Nations-Unies. »
Trois volets marquent cette visite. La séquence politique, avec en point d’orgue l’entretien au Palais de Carthage qu’accordera le président Béji Caïd Essebsi au président du Conseil Giuseppe Conte, qui y sera accompagné par le chef de la diplomatie italienne, Enzo Moavero Milanesi. Il sera reçu par la suite à la Kasbah par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Un moment fort à l’issue de cet entretien: la séance plénière à la Kasbah en présence des membres des deux délégations.
Aide publique : Près d’un demi-milliard de dinars
En parallèle, des entretiens bilatéraux au niveau des homologues respectifs réuniront Luigi Di Maio avec Slim Feriani, et Matteo Salvini, ave Hichem Fourati, outre les entretiens Milanesi – Jhinaoui. Cette séquence consacrera particulièrement la coopération économique bilatérale, articulée autour du lancement du projet de transport d’électricité Elmed et de trois piliers de soutien à la décentralisation, l’éducation et les PME du secteur de l’agriculture.
L’aide publique italienne en faveur de la Tunisie s’accompagne d’un encouragement à l’investissement direct privé. L’arrivée à Tunis, ce même mardi 30 avril, de plus de 100 chefs d’entreprise, en quête de partenariat et d’investissement constitue de son côté un signal positif fort.
Les observateurs relèvent que pour la première fois, les ambassadeurs respectifs d’Italie à Tunis, Lorenzo Fanara et de Tunisie à Rome, Moez Sinaoui, ont su préparer en si peu de temps une visite d’aussi haut niveau et grand programme de coopération. Ce n’est guère facile de faire venir à Tunis le président du conseil et ses deux vice-présidents ainsi que le chef de la diplomatie et de ficeler des accords de coopération aussi substantiels. De leurs côtés, l’UTICA et la Confindustria ont le mérite de monter un forum d’affaires de cette envergure.
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