En cette veille de séance de vote de la confiance au gouvernement de Hichem Mechichi, Le président de la République, craignant de se retrouver isolé à Carthage, et de perdre le contrôle des évènements, a essayé par tous les moyens de jouer sur tous les fronts, pour calmer les appréhensions et reprendre l’initiative.

C’est dans ce sens qu’il a reçu, ce lundi matin, le chef du gouvernement qu’il avait désigné, et en lequel il n’a plus confiance, depuis qu’il a osé le contredire sur certains détails, dans la formation de son équipe. Il a, au cours de cet entretien essayé d’apaiser les appréhensions de Mechichi, en lui assurant qu’il pouvait continuer à travailler sans crainte, et lui a laissé comprendre qu’il le soutenait, comme au premier jour. Et comme par hasard, et comme pour laisser croire à Mechichi que sa « rivale » Nadia Akacha aurait été, en quelque sorte, lâchée, l’affaire de sa convocation devant le tribunal pour répondre du grief de fausses accusations à l’égard d’autrui, a commencé à circuler sur les réseaux sociaux.

Pourtant, peu de temps après le départ de Mechichi, Kais Saied appelle un des ministres du gouvernement actuel, pour l’informer qu’il va le charger de la présidence du gouvernement.

Parallèlement, et quelques minutes après, Kais Saied convoque les chefs des partis et des blocs parlementaires, pour leur signifier toujours à demi mot, et avec sa maîtrise du verbe, qu’il valait mieux faire tomber le gouvernement de Mechichi, vu qu’il était parti sur de mauvaises bases et qu’il s’est mis sur le dos les partis politiques. Il a fait allusion à la possibilité d’appliquer l’article 100 de la constitution, lui permettant de désigner un des ministres du gouvernement pour le présider. Et il leur a promis, avec sa maîtrise du non dit, qu’il n’allait pas dissoudre l’ARP, et que, mieux encore, le prochain gouvernement allait se baser sur la représentativité des partis dans l’assemblée. Et comme par hasard, là aussi, les réseaux sociaux commençaient à faire tourner l’information relative transfert du dossier du conflit d’intérêt d’Elyes Fakhfakh devant la justice.

Et pour insister sur son intention de faire échouer le gouvernement Mechichi, Kais Saied a averti les chefs de partis qu’il ne s’agissait pas de venir, par la suite, demander un remaniement du gouvernement, une fois il aura été validé, et qu’il refuserait, lui, dans ce cas, de recevoir les éventuels nouveaux membres du gouvernement pour la prestation du sermon.

Mais, il semblerait selon les dernières indiscrétions que les efforts de Kais Saied ont été vains, puisqu’il parait que les partis seraient plus tentés de valider le gouvernement de Mechichi, demain à l’ARP, et de composer avec lui, plutôt que de faire confiance au président qui leur a bien démontré, auparavant ce qu’il pensait d’eux !

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Auteur: Ramsis
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