Le Cheikh Rached ghannouchi, président du parti islamiste d’Ennahdha, s’est, finalement, décidé à se présenter aux élections législatives à la tête de la liste de la circonscription de Tunis 1.
Si d’aucuns ont été surpris de ce pas qui n’était pas prévu, notamment, au niveau de bases du parti, il faudrait se rendre à l’évidence que le Cheikh n’avait plus aucune autre alternative pour demeurer sur le devant de la scène politique. Car, il est, mine de rien, en train de perdre tout pouvoir sur ce pays, et ce peuple, qui, décidemment, ne semble pas prêt à venir lui manger dans la main. Et dans quelques mois, il ne sera, même, plus président de « son » parti, car le règlement interne lui interdit de briguer un troisième mandat d’affilée.
Certains s’attendaient, plutôt, à ce que le Cheikh soit tenté par une candidature à la présidentielle. Mais c’est ne pas connaitre l’homme et sa façon de penser et de calculer ses coups, à la façon des maîtres des échecs. En effet, il lui aura suffi de faire une petite lecture des derniers résultats des élections, en l’occurrence, les municipales, ainsi que des résultats des derniers sondages d’opinion, des quels, quoi qu’ils en disent, les islamistes ont une peur bleue. En effet, tout en démentant les résultats, ils ne peuvent que constater la chute libre qu’ils sont en train de faire dans les intentions de vote. Ils s’en sont, même, remis à des boites étrangères qui leur ont opéré des sondages dont ils ont été obligés de garder les résultats secrets, tellement ils étaient « décevants ». Donc, le Cheikh savait qu’il n’avait aucune chance de remporter les présidentielles. Et qu’à supposer qu’il arrive à passer le premier tour, il verra tout le monde se liguer contre lui, pour lui barrer la route de Carthage.
C’est, dans cette optique, et avec un entêtement maladif de parvenir à ses fins, et siéger à Carthage, que Rached Ghannouchi a choisi le chemin le plus long et le plus indirect, histoire de leurrer les gens, et les laisser s’endormir sur leurs lauriers.
En effet, en se présentant à la tête de la liste de Tunis, Ghannouchi est, quasiment, assuré de rentrer à l’ARP. A partir de là, il aura deux opportunités qui dépendront des scores obtenus par son parti, aux législatives. S’il obtient une majorité assez confortable, il briguera le siège de la Kasbah, en tant que président du parti majoritaire qui sera chargé de former le gouvernement. Sinon, il se contentera de briguer le siège de président de l’ARP, qu’il saura arracher par n’importe quel moyen, même les plus improbables.
La finalité de ces deux possibilités demeurant, bien évidemment, le palais de Carthage. Car en tant que chef du gouvernement, il faudra jouer sur une « éventuelle » vacance provisoire à la présidence. Sinon, en tant que président de l’ARP, il va falloir faire de sorte que cette vacance soit définitive !

Auteur: Ramsis
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