La crise de l’ammonitrate n’aura pas fini de faire couler de l’encre, mais, malheureusement, pour rien, jusqu’au jour d’aujourd’hui !

La crise a commencé, à la base, dans le bassin minier de Gafsa. La Tunisie qui était l’un des premiers producteurs et exportateurs de ce fertilisant, dans le monde, est devenue, à cause des sit-ins et autres grèves qui ont bloqué la production, réduite à importer à force de devises, ses besoins, pour faire arriver à bon port ses récoltes. Ensuite, et même en cas de reprise sporadique de la production, c’était le transport du minerais vers les sites de transformation qui était bloqué par les manifestations et blocages des routes et de la voie ferrée. Enfin, et si par miracle, une quantité de minerai arrive au site de transformation à Gabes, il n’est jamais traité à cause, toujours, des protestations.

Et le malheur, c’est que l’Etat qui voyait venir et s’amplifier le problème, n’a pris aucune mesure pour empêcher ces protestations et ces blocages à tous les niveaux.

Résultat des courses : Les récoltes de tous types sont hypothéquées, et notamment, les cultures céréalières, l’épine dorsale de l’agriculture tunisienne.

Car il faut préciser le non-sens de cette crise, et il faut connaitre le rapport financier qui gère l’apport de ce fertilisant sur la récolte. En effet, il faut dix kilos d’ammonitrate pour traiter un quintal de blé ; les dix kilos coûtant la bagatelle de 5 dinars tunisiens. D’un autre côté, le quintal de blé rapporte, à la production, 82 dinars. C’est dire la rentabilité indéniable de l’usage de ce minerai, et de sa production.

Or, l’Etat ne semble pas être au courant de cette équation, du moment qu’il n’a rien entrepris, à part ce qu’on raconte concernant une opération d’importation du fertilisant. Or les quantités importées sont très insuffisantes pour couvrir les besoins des agriculteurs qui attendent et désespèrent d’obtenir leur quota.

Par ailleurs, il faut savoir que les quantités importées, en plus d’être insuffisantes, arrivent trop tard. Car, le moment de l’utilisation optimale de cet engrais est dépassé, et maintenant qu’il va faire plus doux, son usage sera complètement inutile. Or, jusqu’à aujourd’hui, les agriculteurs n’ont rien reçu, malgré leurs protestations continues.

C’est un gâchis inqualifiable, et un vrai crime envers le peuple, qui est en train de se faire, devant une inaction criminelle de la part des autorités qui avaient toute la latitude d’y mettre un terme…

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Auteur: LM
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