Le président du parti islamiste, et de l’ARP, Rached Ghannouchi, l’a toujours répété : Le vrai centre du pouvoir se situe, et doit se situer, au Bardo !
Et pour confirmer ses dires, et pour s’imposer comme unique maître à bord, dans le pays, Rached Ghannouchi a opéré, hier, un véritable coup d’Etat, à plusieurs niveaux, et contre tout le monde.
Premièrement, en repoussant l’offre de médiation de Kaïs Saïed, en vue de rapprocher les points de vue, pour aider à la formation du gouvernement, Ghannouchi a voulu s’imposer comme l’homme fort du pays, et il a voulu, mettre Saïed en position de faiblesse. Car, il faut l’avouer, ce Saïed commençait, depuis assez longtemps, à lui taper sur le système avec ses projets de liquider la classe politique, et, surtout, avec sa trop grande popularité auprès des tunisiens. Et Ghannouchi voulait, avec le geste à la limite de l’incorrection, réparer, un tant soit peu, l’erreur d’avoir soutenu Kaïs Saïed au second tour des présidentielles, ce qui lui a permis de gagner avec un si grand score, et de se targuer de la légitimité que lui procurait ce score.
D’ailleurs ce n’était pas, là, le premier coup fourré qu’il faisait au président de la République, puisqu’il avait entrepris, depuis longtemps, à mettre en place une présidence « bis » au Bardo, en se dotant de tout un cabinet et de dizaines de conseillers, et en empiétant sur les platebandes de Saïed, en multipliant les entretiens diplomatiques avec les représentants étrangers. Ce qui devrait rester des seules prérogatives du président de la République.
Le deuxième coup d’Etat opéré par Ghannouchi, hier, a été au niveau de son propre parti. Puisque tout le monde sait qu’il n’y a plus le vent en poupe, depuis un certain temps, et qu’ils sont de plus en plus nombreux à exiger son départ et à contester sa présidence. En ignorant les décisions de la Choura, et en ordonnant à Jemli de déclarer son intention de former un gouvernement de compétences non partisanes, Ghannouchi a, en effet, coupé l’herbe sous les pieds des leaders d’Ennahdha qui voulaient, à tout prix, obtenir leur part de la tarte et décrocher un ministère. Et comme il n’est plus question de confier des ministères à des membres de n’importe quel parti, Ghannouchi a brisé les ambitions de ses frères d’armes, qui n’ont plus que le conseil de la Choura où ils pourraient donner libre cours à leur maîtrise de la politique. Tandis que lui, il va s’accaparer le pouvoir, en plus de l’ARP, à La Kasbah, en formant un gouvernement qui ne comportera aucun élément qui pourrait lui être hostile, et, aussi, à Carthage, qu’il va reléguer à l’arrière plan, en ayant fait ressortir Kaïs Saïed, hier, en position d’infériorité par rapport à lui, et en instaurant une présidence parallèle au Bardo.
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Auteur: Ramsis
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