Courant de cette semaine, des producteurs de pommes de terre ont organisé, une manifestation devant l’Union régionale de l’agriculture à Jendouba pour protester contre l’effondrement des prix leur produit. Exprimant leur colère, ils ont déversé des quantités de leur récolte sur la chaussée en guise de protestation.

L’échec du Ministère du commerce dans la gestion de la crise des pommes de terre est flagrant. En, effet, il aurait dû prévoir dès le début de la propagation du coronavirus que la production des pommes de terre ne pourrait plus être absorbée par ses grands consommateurs qui ont été les premiers concernés par le confinement.

Il s’agit en fait des restaurants, des grandes surfaces, des cantines scolaires, des réfectoires, des restaurants universitaires, etc.

Mieux encore, le Ministère n’a rien fait pour dynamiser l’export des stocks de pommes de terre sachant qu’il devrait être normalement trouver leur  place dans la nouvelle ligne de transport maritime entre Sfax et Tripoli, qui est de surcroît sans aucune rentabilité commerciale, pour résorber les surplus de la production.

Cependant, le ministre du commerce n’a cessé de défrayer la chronique, depuis son arrivée au ministère.

En fait, il a annoncé – sans présenter aucune preuve – le 23 mars dernier lors de son passage à une chaine télévisée privée, qu’un navire chargé d’alcool destiné à la Tunisie pour la fabrication de gel hydro-alcoolique a été détourné en mer par des italiens qui se sont emparés de la cargaison !

Juste un jour après, il a carrément mis les pieds dans le plat en niant avoir accusé l’Italie de détourner le navire chargé d’alcool consacré à la fabrication du gel hydro-alcoolique. De plus, il a accusé des parties américaines de détourner une cargaison de produits médicaux destinés à la Tunisie et qu’il n’a pas pu désigner, évidemment, aussi faute de preuve.

Dieu merci qu’il n’y a pas eu d’incidents diplomatiques, puisqu’il est presque évident que les parties « inculpées » par le ministre ont tout simplement ignoré ce bruit engendré par des affaires rocambolesques.En pleine crise, le ministère du commerce n’a jamais donné aucune explication sur les vraies causes de la pénurie de semoule et de farine, gérées, en exclusivité ou plutôt en « franchise » par la contrebande.

Sur un autre plan et jusqu’à aujourd’hui, la commercialisation des bavettes et du gel hydro-alcoolique est l’objet de toutes les polémiques en raison de la gestion désastreuse des opérations de fixation de leurs prix et leurs distribution sans évoquer leur qualité qui est contestée, à grande échelle, et en l’occurrence par les médecins et les pharmaciens et les ordres qui les représentent, et ce, particulièrement pour les bavettes.

Bref, faut-il s’attendre à d’autres bourdes, du bruit inutile et surtout des perturbations dans d’autres secteurs sensibles puisque le ministère du commerce « ignore » pratiquement tous les problèmes qu’il soit censé gérer ou prend dans certains cas, très rares, des demi-mesures qui sont réellement des mesurettes inefficaces.

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Auteur: Mohamed Ben Abderrazek
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