L’Avenue Habib Bourguiba, que la nouvelle classe pseudo-politique le veuille ou non, restera l’un des emblèmes du pays, et la plus belle avenue de la Capitale, celle où les amoureux se donnent rendez-vous, celle où les amateurs d’art flânent avant d’entrer au spectacle, celle où les étudiants de toutes les orientations se croisent, celle où les familles entières se promènent entre deux séances de shopping, celle où les intellectuels du pays se retrouvent autour d’une table à une des terrasses de cafés qui longent l’artère…

Par la suite, cette avenue est devenue l’emblème de ce qu’il a été convenu d’appeler « la révolution », celle où les tunisiens se sont réunis un certain 14 janvier en criant « dégage », celle qui est squattée presque chaque jour, à la hauteur du théâtre municipal pour protester et manifester…

Or, il se trouve qu’un ministre, en panne d’imagination, et à la recherche continue de populisme, a eu l’idée d’en faire une poubelle. Une poubelle jonchée de détritus de tous genres, et puant le poisson pas trop frais… Une poubelle dont les relents et le spectacle fera faire demi-tour aux premiers touristes qui oseraient s’y diriger pour une petite immersion dans la ville et ses souks.

Ce ministre, c’est l’incontournable ministre de l’agriculture, Samir Bettaïeb, celui qui présente des certificats médicaux de complaisance, pour zapper ses examens. Samir Bettaïeb a eu, en effet, l’idée saugrenue d’installer un marché en plein centre de l’avenue Bourguiba, à l’occasion du mois de Ramadan, pour, dit-il, créer un point de vente du producteur au consommateur… Comme çà ! En plein avenue Bourguiba, à quelques mètres du marché central, et loin, très loin, des quartiers dans les quels, les citoyens vont faire leurs courses durant le mois de Ramadan. Une sorte de marché parallèle « Halal » et un étalage anarchique « légal ».

On n’ose, même pas, penser à l’état où sera l’avenue Bourguiba, pendant le mois saint. On n’ose pas imaginer les tunisiens se promener entre les détritus des fruits et légumes, durant les soirées ramadanesques. On n’ose pas supposer que des tunisiens soient enthousiasmés pour aller aux soirées du festival de la Médina, dont la plupart des spectacles sont organisés au théâtre municipal, a-t-on, au moins, pensé à installer des toilettes au profit des commerçants et clients de ce marché, du moment que les cafés seront fermés durant la journée ? Et surtout, qu’on n’essaie pas de nous convaincre que les super-héros du service de voirie vont réussir le miracle de nettoyer l’avenue, tous les jours, entre la rupture du jeûne et le début de la soirée. Eux qui ne font qu’à moitié leur travail en dehors de Ramadan, on ne pourrait imaginer ce que çà sera en période de jeûne.

Et tout çà, pourquoi ? Juste pour dire qu’on a des super-ministres qui pensent au bien du citoyen et qui cherchent à en rapprocher les services ! Sachant que les citoyens qui ont, réellement, besoin, de tels points de vente, c’est-à-dire, les moins nantis, ne font pas leurs courses à l’avenue Bourguiba ! Et il aurait mieux fait de trouver d’autres emplacements plus proches des citoyens, et qui préservent la propreté et la beauté de la capitale.

Populisme quand tu nous tiens !

Pour quand la fin de ce cauchemar ?

Auteur: Ramsis
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