Le projet de relevé automatique des infractions routières et de leur numérisation soulève plusieurs interrogations en Tunisie, notamment dans un contexte marqué par le blocage du projet d’identité numérique, considéré comme un pilier essentiel de la transformation digitale de l’administration.
Dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique ce jeudi 5 mars 2026, l’expert en gouvernance et lutte contre la corruption Charfeddine Yaacoubi a indiqué que le ralentissement du projet d’identité numérique a également contribué au blocage d’autres projets numériques, notamment celui visant à installer des caméras de surveillance intelligentes capables de détecter automatiquement et en temps réel les infractions routières.
Un projet lancé avec ambition, puis ralenti
Selon Yaacoubi, le projet d’identité numérique avait pourtant connu un démarrage prometteur, accompagné de campagnes de sensibilisation destinées à encourager les citoyens à créer leur identité numérique. Toutefois, l’initiative a rapidement perdu de son élan.
Il souligne également que le taux d’adhésion des Tunisiens est resté très faible, ce qui a fortement limité l’impact du projet.
Des campagnes avaient également été organisées au sein de certaines administrations publiques pour promouvoir ce dispositif, mais celles-ci n’ont duré qu’un à deux mois avant de s’interrompre, alors qu’un effort continu aurait été nécessaire pour installer durablement cette culture numérique.
La nécessité d’encourager l’adhésion des citoyens
L’expert insiste sur l’importance de motiver les citoyens à adopter l’identité numérique, notamment en leur permettant d’accéder à certains services administratifs plus rapidement et à moindre coût.
Selon lui, la réussite de ce type de projet passe également par une stratégie de communication claire et structurée, capable de convaincre les citoyens de l’utilité concrète de ces services numériques dans leur vie quotidienne.
Plusieurs projets numériques concernés
Yaacoubi a également évoqué d’autres projets de digitalisation qui connaissent des retards importants, parmi lesquels les services à distance de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ou encore le projet de justice numérique.
Pourtant, des ressources financières importantes ont été mobilisées pour ces initiatives, sans que leurs résultats ne soient réellement visibles sur le terrain.
Face à cette situation, l’expert recommande une meilleure préparation des projets numériques, à travers des études approfondies, une planification rigoureuse et une vision claire de leur mise en œuvre.
Le relevé automatique des infractions confronté à des défis techniques
Dans ce contexte, la mise en place d’un système de relevé automatique des infractions routières se heurte à plusieurs défis techniques et organisationnels.
Ce dispositif repose notamment sur la détection automatique des infractions par des caméras intelligentes, puis sur l’identification du propriétaire du véhicule et l’envoi automatique d’une notification par SMS pour l’informer de la contravention.
La réussite de ce système nécessite donc une base de données numérique fiable et régulièrement mise à jour, permettant d’identifier rapidement l’auteur de l’infraction et de lui transmettre l’information en temps réel.
Une numérisation dépendante de l’infrastructure digitale
La numérisation des infractions routières ne se limite pas à l’installation de caméras sur les routes. Elle suppose la mise en place d’un écosystème numérique complet, incluant l’identification numérique des citoyens, l’envoi d’alertes électroniques et la possibilité de régler les contraventions en ligne.
Dans ces conditions, le retard du projet d’identité numérique constitue un obstacle majeur au déploiement complet de ce système.
Tant que les infrastructures numériques nécessaires ne seront pas pleinement opérationnelles, l’application généralisée et efficace du relevé automatique des infractions routières restera difficile à concrétiser en Tunisie.
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Auteur: Yassine Atoui
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