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L’UTAP en fait un point d’honneur. Elle veut, à tous prix, la tête d’Omar Behi, le ministre du commerce. Pourquoi, donc ? Et qu’y a-t-il derrière cette campagne acharnée ?

Tout le monde a, en effet, remarqué que l’UTAP est, depuis quelques semaines, en train d’utiliser tous les supports dont il dispose, pour mener une campagne tambours battants, contre le ministre du commerce. Le président de l’Union, Abdelmajid Ezzar s’est mis à sillonner les marchés de gros, pour se faire filmer en train de compatir avec les « pauvres » agriculteurs, qui n’arrivent plus à écouler leur marchandise, et qui préfèrent la jeter à la poubelle, plutôt, que de la vendre à prix réduit, à la portée du pauvre consommateur. Par ailleurs, les séquences vidéo se multiplient, tous les jours, avec le même thème. A savoir des agriculteurs qui détruisent leurs productions tout en pestant contre le ministre du commerce, qui les empêche d’exporter leur marchandise, privant, au passage, selon leurs déclarations, le pays de beaucoup de devises.

Il faut savoir que les motivations de cette guerre entre Ezzar et Omar El Behi sont à deux niveaux. D’abord, les parties politiques qui soutiennent Ezzar, et qui sont connues, veulent faire porter le chapeau de la faillite de leur politique à Omar El Behi, et par delà lui, son patron, Youssef Chahed, qui s’entête à refuser de leur manger dans la main. Ensuite, il faut savoir qu’entre le ministre et le président de l’UTAP, c’est devenu une affaire personnelle. Et elle date depuis l’époque où Omar El Behi faisait partie de l’UTAP, quand il s’est démarqué des lobbies des agriculteurs, en essayant de ménager le consommateur. Il avait, même, poussé l’arrogance jusqu’à demander aux leaders de l’Union de renoncer aux énormes avantages dont ils jouissent comme les voitures et les primes colossales. Le conflit s’est par la suite, aggravé quand Omar El Behi était devenu secrétaire d’Etat à l’agriculture, et quand il a osé le « lèse majesté » de s’opposer aux politiques et à l’appétit gargantuesque des représentants de l’UTAP et des agriculteurs, qui se sont donnés le mot de se faire le maximum de bénéfices, et que le consommateur aille au diable ! Car, Ezzar entendait disposer de l’agriculture, de sa politique, de ses programmes, ainsi que de son ministère, à  sa manière, et sans être dérangé dans ses projets.

La relation s’est envenimée, et en est devenue explosive, depuis qu’Omar El Behi a hérité du fauteuil du commerce. Et c’est là que le ministre a commencé à, sérieusement, fâcher le président de l’UTAP, avec ses manies de vouloir, à tout prix, réguler le marché, dans l’intérêt du consommateur, en mettant un terme au monopole des agriculteurs qui faisaient flamber les prix, et en ordonnant l’importation de produits alimentaires, au risque de laisser pourrir les marchandises des agriculteurs qui voulaient spéculer. Et Omar El Behi a commis l’irréparable, quand il s’est attaqué à la filière avicole. Car Ezzar est producteur de poulets, si, toutefois, on peut appeler producteur, quelqu’un qui dispose de quelques bâtiments d’engraissement de poulets. A ce moment là, et fort de son expérience à l’agriculture, Omar El Behi a pressenti l’arnaque que préparaient les producteurs avicoles, en préparant de façon trop serrée leur production, et, même, en trafiquant leurs poules pondeuses, pour doubler leur productivité, une fois les prix envolés. Et quand il a désespéré de faire entendre raison aux agriculteurs, El behi a fait importer des œufs et de la viande blanche, réduisant à néant les rêves de fortune des producteurs locaux.

Voilà, en résumé, les coulisses de la guéguerre entre Ezzar et El Behi, et dont les frais sont payés par le consommateur mais pas seulement, puisque même, les agriculteurs ont été pris en otages par leur union, et y ont laissé des plumes.

N’ayant aucun autre argument à faire prévaloir, Ezzar et ses protégés accusent le ministre du commerce de les empêcher d’exporter leur marchandise, en privant le pays de beaucoup de devises. Ce qui est bien loin de la réalité, puisque le ministère du commerce n’a refusé aucune autorisation d’exportation, et en a, même, facilité l’octroi, puisque çà se conclue au niveau des régions. Mais, sur les autorisations proposées par le ministère, seule la moitié a été exploitée par les producteurs. Les autres préférant détruire leurs marchandises, que de les exporter par la voie légale, et espérer se payer, ainsi, la tête de l’ennemi juré de leur « Big boss » !

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Auteur: Saber .
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