Le Cheikh Rached Ghannouchi, a ôté, ce jeudi, son costume de président du parlement, pour mettre sa djebba de président d’Ennahdha. Il a, en effet, tenu à conduire, lui-même, la délégation de son parti, pour les négociations avec le chef du gouvernement chargé, Elyes Fakhfakh.
Ce comportement soulève plusieurs questionnements, à savoir à quel point Rached Ghannouchi va-t-il bafouer les règles de l’éthique politique, et cumuler ses fonctions à la tête d’Ennahdha avec celles de président de l’ARP ? Jusqu’à quand va-t-il ignorer que cette situation est source de conflits d’intérêts, le poussant à être, souvent, juge et parti pour départager les différents blocs parlementaires ?
D’un autre côté, il serait légitime de se poser la question de savoir ce qui pousse Ghannouchi à ce comportement compromettant ? Est-ce, à ce point, qu’il na pas confiance en ses troupes, pour insister à conduire les négociations en personne ? A-t-il peur que ses lieutenants lui jouent un sale tour et le coiffent au poteau, en faisant barrage à son cercle d’inconditionnels d’accéder au gouvernement, ce qui l’isolerait de la scène politique et des cercles du pouvoir, le cantonnant à sa chaire du Bardo ?
Toujours est-il, et quelle qu’en soit la cause, il est inadmissible que ces frères musulmans continuent à malmener la politique et les règles de la politique, à leur aise, et à asservir les appareils de l’Etat, pour s’assurer le pouvoir absolu.
Ghannouchi et ses proches vont, certainement, répliquer qu’il n’y a aucun texte interdisant le cumul entre la présidence de l’ARP et celle d’un parti. Mais ils oublient qu’il ya des règles d’éthique, même en politique, qu’il ne faudrait pas bafouer, au risque de pourrir encore plus, le paysage déjà infecte de la scène politique.
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Auteur: Ramsis
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