Ennahdha a fait savoir qu’elle était très mécontente du limogeage de ses ministres du gouvernement d’Elyes Fakhfakh. Mais au lieu de contester cette décision prise par le chef du gouvernement démissionnaire, elle a averti qu’elle ne tolèrerait pas qu’on touche à ses partisans placés en grand nombre dans les différentes administrations qui étaient gérées par ses ministres. Ennahdha a, en effet, interpellé, hier dans un communiqué, le chef de l’Etat, pour qu’il assume ses responsabilités et empêche des limogeages abusifs qui pourraient cibler ses partisans, par esprit de vengeance de la part de l’administration Fakhfakh. Et ce, après que les proches de La Kasbah aient fait comprendre que le chef du gouvernement allait ordonner de revoir toutes les nominations récemment effectuées par les ministres nahdhaouis dans les différents départements.

S’il est vrai qu’Ennahdha voit d’un mauvais œil que ses partisans soient éjectés des différentes administrations, ce qui pourrait lui constituer un handicap de taille, vu qu’ils vont certainement être très mécontents d’avoir été privés de leur part du gâteau, et pourraient manifester leur mécontentement de façon assez  « bruyante », ce n’est pas, tant çà, qui gène Ennahdha.

Ce qui préoccupe, plus, la direction d’Ennahdha, et qu’elle ne saurait révéler, c’est le fait de perdre ses yeux et ses bras qu’elle a pris beaucoup de mal à placer dans les cabinets des différents ministères gérés par des ministres nahdhaouis, et dont elle a infiltré tous les cercles de décision à ce niveau.

Et le départ des six ministres d’Ennahdha va être, immanquablement, suivi, dans la foulée, par celui d’au moins une centaine de conseillers, sans compter les chargés de missions. Or ces gens constituent les yeux qu’Ennahdha braque sur tout ce qui se trame dans les cabinets ministériels et tout ce qui s’y prépare, que les ministres ne sauraient savoir par eux-mêmes, comme ils constituent les bras du parti qu’il utilise pour manipuler tout ce beau monde, et faire aboutir des desseins.

Et avec l’intention déclarée d’Elyes Fakhfakh de se débarrasser de tous ces agents d’Ennahdha, le parti va se trouver privé des services de tous ces gens qu’il s’est donné tant de mal à placer, et surtout les conseillers contractuels qui ne figurent pas sur les listes officielles des personnels des ministères, ce qui les rend plus invisibles et, donc, plus efficaces.

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Auteur: Saber .
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