Il s’agit, malheureusement, bien, d’un duel, un bras de fer, qui oppose, depuis quelques semaines, les deux têtes de l’exécutif tunisien. Et pendant ce temps, le pays et le citoyen retiennent leur souffle, alors que beaucoup de services de l’Etat sont à l’arrêt.

Ce bras de fer tourne autour de la liste des ministres remerciés et remplacés par le chef du gouvernement, sachant que ces ministres avaient, au départ, été choisis par la présidence de la République.

Sous la pression de ses soutiens politiques, et surtout, Ennahdha et 9alb Tounes, et devant de nombreuses insuffisances notées dans le rendement de ces ministres, Mechichi a préparé une liste de onze candidats ministres en remplacement de ceux qui avaient été jugés défaillants.

Ces candidats ont bénéficié de la confiance des représentants du peuple, et avant de prendre leurs fonctions, ils doivent prêter serment devant le chef de l’Etat. Et c’était, précisément, cette mesure qu’attendait Kaïs Saïed, pour dire son refus de toute cette opération. Il a prétexté la présence de quatre ou cinq candidats ministres qui seraient suspectés dans des affaires de malversation ou de conflit d’intérêts, et a demandé de les changer, avant de se rétracter, dans un deuxième temps en laissant entendre qu’il exigeait le départ de tout le gouvernement.

Et, depuis, c’est le blocage au plus haut sommet de l’Etat, et au niveau de ces onze ministères. Et le président de la République ne donne aucun signe de lassitude, alors que le chef du gouvernement devient pressé de clore ce dossier, à cause de la vacance à la tête de ces onze ministères, et qui sont du premier ordre.

Et ce bras de fer commence à s’éterniser, et les dégâts qu’il occasionne sont de plus en plus évidents.

Reste à savoir qui va gagner ? Et s’il va, vraiment, y avoir un gagnant, puisque, quelle que soit l’issue que connaitra ce duel, tout le monde en sortira perdant et affaibli, et surtout, l’Etat, qui ne sera prêt de s’en remettre ! Sachant que l’enjeu est énorme, puisque celui qui va lâcher prise, va, sérieusement, entamer ses chances de poursuivre sur la scène.

Et comme le président de la République campe sur sa position, et refuse tout compromis ; l’issue du bras de fer sera entre les mains du chef du gouvernement, qui va devoir choisir entre lâcher prise et présenter la démission de son cabinet. Ou, alors, continuer et opérer un passage en force, en s’appuyant sur l’aval du tribunal administratif, et demander à ses nouveaux ministres de prendre leurs fonctions nonobstant le véto présidentiel !

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Auteur: Ramsis
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