Le pays retient son souffle, le gouvernement est en train de se couper les cheveux en quatre, les évènements, sur le terrain, sont en train de montrer que la situation commence à échapper au contrôle des acteurs, les personnels de santé, soutenus par leur syndicat, se rebellent contre les décisions de leur hiérarchie…

Et, pendant ce temps, celui qui est supposé être le premier acteur de cette guerre qu’on mène contre le coronavirus, et qui est le ministre de la santé, et, au mépris de la gravité de la situation, semble partir en campagne électorale intempestive. Une campagne pour quoi, et pour briguer quel poste ? Il est le seul à pouvoir y répondre, bien que tout le monde ait sa petite idée par rapport à çà.

Mais, à voir ses sorties médiatiques, le zèle de son département de presse, le dévouement de ses partisans qui sont en train d’écumer les réseaux sociaux, pour vanter les qualités de leur « général », il n’y a aucun doute, il ne peut s’agir que d’une campagne.

Ainsi, et rien que pour ce jeudi, le ministre de la santé a opéré deux sorties surmédiatisées qui n’avaient, vu les circonstances, pas lieu d’être. Il s’est déplacé à Sousse pour inaugurer une unité covid à l’hôpital Sahloul, alors que cette unité est le fruit de l’effort exclusif d’un homme d’affaires de la région. Mais, on pourrait comprendre cette sortie, dans la mesure où il est, chez quelques uns, toujours, bon de s’approprier les mérites d’autrui. Mais à l’occasion de cette sortie, Mekki a pu bénéficier d’un accueil digne d’un chef de guerre, au point que cet accueil est devenu la risée de tout le monde, vu le non respect total des précautions et règles de prévention, entre autres, la distanciation sociale.

Mais comme on ne pourrait s’arrêter en si bon chemin, le ministre s’est autorisé un crochet par le studio d’une radio locale, histoire de se rappeler au bon souvenir des auditeurs, et leur faire croire qu’il est là, et qu’il maîtrise la situation.

Ensuite, il a pris le temps de se rendre, toujours accompagné  par son armada d’équipe de presse, à Monastir, pour, soi-disant, superviser les conditions d’hébergement des malades du coronavirus, dans un hôtel de la ville. Et pour prétendre montrer aux gens que tout était au meilleur des mondes dans ces centres d’hébergement, alors que les témoignages du contraire ne cessent de se multiplier depuis leur mise en activité.

Mais il va, certainement, lui falloir attendre encore un peu, avant de crier victoire et de vouloir surfer sur cet exploit. Car il doit être bien placé pour savoir que la partie est loin d’être gagnée, et qu’il ne devrait pas se laisser leurrer par les chiffres des derniers jours !

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Auteur: Ramsis
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