L’homme politique et ex-ministre de l’éducation, Neji Jalloul, a fait part, au micro de TunisieNumerique, de ses préoccupations en rapport avec l’épidémie de coronavirus qui se propage dans le pays.

Il a assuré que la Nation est en état de guerre. Une guerre qui nécessite une mobilisation générale, mais aussi, les moyens nécessaires pour le mener. Il a précisé que la guerre a besoin de généraux qui savent apaiser les craintes du citoyen.

Il a ajouté que les moyens financiers pour faire cette guerre doivent être trouvés au sein du pays. Il faut que « l’économie de paix se mue en économie de guerre ». Il ne faut, surtout, pas emprunter à l’étranger, et ne pas, non plus, demander plus de contribution de la part du citoyen qui vit, déjà, la misère.

Jalloul préconise de réquisitionner toutes les possibilités industrielles du pays, pour l’industrie de guerre, comme les médicaments, les blouses, masques et autres moyens de protection. Il a, par ailleurs, précisé que nombreux sont les tunisiens aisés vivant à l’étranger et qui peuvent aider à ramener les outillages et les machines qui nous manquent, notamment, les postes de réanimation.

Le deuxième front de la guerre, est celui de l’économie a précisé Jalloul. Il s’est étonné que l’on fasse des appels, à bloquer le pays, au risque de détruire son économie. Il a assuré que la roue de l’économie doit continuer à tourner, et ne doivent être confinés chez eux, que les personnes fragiles à risque. Ceux-là seront pris en charge par la  société, entre autres les associations caritatives qui ne pointent le nez qu’au moment des élections. Le reste du pays doit continuer à fonctionner. Il a pris l’exemple des cafés et restaurants qui font vivre des centaines de milliers de familles, et qu’il ne faudrait pas fermer de façon complète. Si ces citoyens viennent à cesser leurs activités, il va falloir penser à leur fournir des aides financières, de quoi subsister. Il a ajouté qu’il va falloir, aussi, aider les PME, en demandant des fonds, auprès des banques qui sont largement bénéficiaires.

Il faut, selon Jalloul, suspendre le payement des taxes et des factures de la STEG et autres. Il faudra aussi négocier le rééchelonnement des dettes étrangères, et faire travailler notre diplomatie pour obtenir des aides de la part des pays frères et amis qui ne sont plus en état d’alerte épidémique, comme les monarchies du golfe.

Le troisième  front de la guerre sera, selon Jalloul, celui de la guerre sociale. Car l’Etat doit pouvoir garantir aux citoyens de quoi vivre, manger et se faire traiter. Ceci peut se faire grâce à la solidarité du peuple en entier, et la gestion de cette entraide pourrait être confiée aux municipalités pour que çà soit un service de proximité. A ce sujet, il faut que toutes les disparités et les divergences cessent, y compris les divergences idéologiques et politiques. Le pays a besoin d’une vraie union nationale.

Le peuple doit, aussi, aider dans cette guerre. Il lui suffira de se conformer aux ordres et aux mesures prises, comme celle du confinement ? Une mesure qui a fait ses preuves dans les pays qui l’ont appliquée.

Neji Jalloul a achevé son intervention, sur une note positive, en assurant qu’il demeure optimiste et qu’il a confiance en la capacité des tunisiens et de la Tunisie à remporter cette guerre, comme ils l’ont fait par le passé, au moment de la peste noire, et la grippe espagnole. Mais il faudra des décideurs qui savent prendre les vraies décisions et au bon moment. « Nous ne pouvons pas gagner avec des leaders hésitants ».

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Auteur: LM
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