Le président du conseil national de l’ordre des pharmaciens, Chedly Fendri, a fait part, dans une interview accordée à Tunisie Numérique, de l’appréhension du métier, en rapport avec les accords de l’ALECA, qui sont en cours de discussion entre la Tunisie et la communauté européenne, et, notamment, en ce qui concerne le secteur pharmaceutique.
En effet, et au vu des conditions imposées par le côté européen, en ce qui concerne le secteur pharmaceutique, ces accords vont, inéluctablement, conduire à l’anéantissement du tissu de l’industrie pharmaceutique, qui couvre, actuellement plus de la moitié des besoins du pays en médicaments.
Il a expliqué que l’industrie pharmaceutique tunisienne produit, essentiellement, les médicaments génériques, ou ceux fabriqués sous licence, après autorisation des laboratoires mondiaux, entre autres, européens.
Fendri a expliqué que parmi les conditions émises par le côté européen, en ce qui concerne l’industrie pharmaceutique, il y a l’allongement d’à peu près 10 ans, du droit d’exclusivité d’exploitation des molécules par le laboratoire d’origine. Cette période qui était évaluée à 10 ans, va passer, selon les conditions de l’accord, à près de 20 ans, avant les quels, les laboratoires et les usines tunisiens n’ont pas le droit de fabriquer les génériques. Les accords exigent, par ailleurs, de l’Etat tunisien de veiller au respect de cette clause.
De cette manière, Fendri a ajouté que les usines tunisiennes seront mises en faillite avec ce que cela va engendrer comme mise au chômage d’un personnel qualifié, mais ce qui est plus grave, c’est qu’en absence de produits génériques, les laboratoires européens vont pouvoir fixer les prix qu’ils veulent à leurs produits, et la Tunisie n’aura qu’à se plier à leurs exigences. Donc, soit le pays va connaitre une flambée sans précédant des prix des médicaments, rendant les services de santé inaccessibles à de nombreux tunisiens, soit, quand le prix demandé est exorbitant et dépasse les capacités de la PCT, le produit ne sera pas, du tout acheté et importé, et ne sera pas remplacé par un générique.
Voilà, a expliqué Fendri, les raisons pour les quelles les pharmaciens sont contre l’inclusion des médicaments dans les accords de l’ALECA. Il an va de la santé et de la vie du tunisien !

Auteur: LM
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