Il était évident qu’en consentant d’accorder un sursis à Elyes Fakhfakh, à la tête du gouvernement, sous prétexte d’attendre le résultat de l’enquête judiciaire concernant son affaire de conflit d’intérêt, Ennahdha allait user des formes les plus cruelles de chantage à son encontre, du moment qu’il lui sera redevable, non seulement de son maintien, mais aussi, de sa liberté, puisqu’il sait pertinemment, que l’issue de son dossier judiciaire est, essentiellement, entre les mains d’Ennahdha.

Et ne voilà-t-il pas qu’à peine leur conseil de la choura plié, les dirigeants d’Ennahdha annoncent la couleur, et de quelle manière.

Le président du conseil de la Choura, Abdelakrim Harouni, a annoncé aux médias, que l’élargissement de la ceinture politique du gouvernement devenait urgent et incontournable, en allusion à l’incorporation de ministres issus de 9alb Tounes et de la coalition Al Karama, en remplacement des ministres du courant démocratique et du mouvement du peuple, dont les partis sont tombés en disgrâce par rapport aux islamistes. Et çà va être intéressant de voir la réaction de Fakhfakh à ces « ordres », lui qui s’était débattu comme un diable en refusant catégoriquement cette transaction.

Mais, plus que le contenu des ordres intimés, dès aujourd’hui à Elyes Fakhfakh, par les dirigeants d’Ennahdha, c’est la façon de les donner qui est plus cruelle et, à la limite, humiliante. Car il suffit de voir l’attitude hautaine et de mépris prise par Abdelkarim Harouni, tout à l’heure sur un plateau TV, alors qu’il dictait les ordres et directives d’Ennahdha à Elyes Fakhfakh. Il avait l’air de défier le chef du gouvernement, en lui rappelant tout ce qu’il avait refusé de faire pour eux, et qu’il va être dans l’obligation d’exécuter maintenant, comme, par exemple, la nomination immédiate d’Oussama Ben Salem et d’Imed Hammami aux postes de conseillers à La Kasbah. Plus encore, Harouni a pris du plaisir à remuer le couteau dans la plaie, en assurant qu’Ennahdha ne dictait pas ces conditions à cause de l’existence  d’un dossier accaparant pour le chef du gouvernement. Une cruelle façon de lui rappeler à quel point, il n’avait plus aucune possibilité de manœuvre, à cause, justement, de ce dossier, qui restera suspendu au dessus de sa tête comme l’épée de Damoclès.

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Auteur: Ramsis
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