Le Cheikh Rached Ghannouchi a, contrairement à ses habitudes, accordé, ce vendredi dans les couloirs de l’ARP, un entretien aux représentants des médias qui avaient été appelés pour l’écouter. Il faut croire qu’il avait un message bien particulier à faire passer pour qu’il se prête à cet exercice qu’il n’apprécie, d’habitude, guère.

Et, en effet, le Cheikh a tenu, malgré la cohue qui l’entourait, à débiter, de façon méthodique, le discours qu’il avait, apparemment, très bien ficelé.

Et il l’avait tellement bien ficelé qu’il s’est payé le luxe de l’entreprendre à l’envers, histoire de brouiller le message, mais pas trop !

Le Cheikh a commencé par se féliciter de l’évènement que constituera la motion de censure qui le cible, insistant pour dire qu’il s’agit d’une première dans le monde arabe. Il a, ensuite, enchainé pour assurer qu’il n’était pas arrivé au perchoir de l’ARP sur un char, mais que çà a été le fruit de plusieurs suffrages, dont le plus important, a-t-il lancé, comme un pavé, était celui qui représente les voix des jeunes des quartiers populaires.

Après, il s’est félicité d’être la où il est grâce à la démocratie et à la volonté du peuple, et qu’il n’a pas hésité à faire passer une motion de l’opposition, c’est-à-dire des gens qui sont opposés à la volonté du peuple.

Et c’est alors que le message est devenu clair, du moins en sa perception, et il se résume dans le fait que le Cheikh est le représentant du peuple et qu’il traduit la volonté de ce peuple, surtout, les habitants des quartiers populaires, et qu’il est en train de faire face à des attaques de la part des parties qui s’opposent à cette volonté, et à ces habitants, ce qui laisse entendre qu’il s’agit, en principe, des gens relevant des classes aisées, par opposition aux habitants des quartiers populaires.

Ce qui témoigne de la gravité de ce clin d’œil, apparemment anodin, qu’a lancé le Cheikh aux jeunes des quartiers populaire, et qui pourrait être perçu par ceux-ci comme un appel de ralliement, pour défendre leurs intérêts face à leurs adversaires des classes aisées. Ce qui veut dire, en d’autres termes, un appel à la guerre des classes et, par là, à la guerre civile !

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Auteur: Ramsis
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