Plusieurs dizaines de syndicalistes affiliés à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ont organisé, hier, un rassemblement devant le siège de la Centrale syndicale, pour réclamer le départ d’Abdelmadjid Sidi-Saïd, secrétaire général de l’organisation. Issus des différentes entreprises publiques, à l’instar de la CNAC, de Cosider, de la CNAS, d’Arts et Culture, les syndicalistes ont été empêchés par les services de sécurité d’entrer à l’intérieur de la maison du Peuple. D’autres syndicalistes représentant eux aussi différentes fédérations, et qui soutiennent l’actuel secrétaire général, s’étaient rassemblés dans la vaste cour de la Centrale syndicale. Face au lycée El-Idrissi, les badauds se retournaient sur leurs pas pour voir les protestataires entonner à l’unisson, des chants patriotiques, brandissant des slogans exigeant le départ immédiat du premier responsable de la Centrale syndicale. Les images diffusées par les différentes chaînes de télévision montrent, depuis plusieurs jours déjà, des manifestations qui ont lieu quotidiennement devant le siège de la maison du Peuple, où des représentants de différentes factions syndicales affichent des pancartes portant des messages hostiles à l’actuel SG et ses différentes fédérations et unions locales : «Oui pour le départ de Sidi Saïd. Oui pour le départ de toutes les fédérations illégitimes qui n’ont pas de base. C’est la cinquième marche consécutive, c’est une marche populaire, 42 millions vous demandent de partir, partez, vous devez partir, vous et votre gang.» «Il est temps de purifier le pays de la corruption et de tous les corrompu, spécialement ceux de l’UGTA.» «Notre demande et d’avoir le droit de choisir nos représentants», peut-on lire, notamment dans cette floraison de messages brandis et slogans scandés à tue-tête. Idir Achour, porte-parole du Syndicat autonome des lycées d’Algérie (CELA), venu soutenir les syndicalistes, abonde dans le même sens : «Nous sommes tous pour que l’UGTA revienne aux travailleurs.» Il propose la formation, par «des syndicalistes intègres», d’un comité qui sera chargé de préparer un congrès extraordinaire.
Pour le président du syndicat de la santé, la centrale ne défend pas les revendications des travailleurs, mais des intérêts personnels. «Celui qui veut faire business n’avait qu’à rejoindre l’UGTA. Le plus faible parmi ses membres a des usines, le plus faible a quatre appartements FNPOS et trois voitures. Nous leur disons : d’où vous vient tout ça ?» s’interroge M. Bitraoui.
Les protestataires comptent parmi eux des délégués syndicaux radiés de leur poste d’emploi. Ils n’ont pas pu être réintégrés, la centrale a préféré, déplorent-ils, «ne pas gêner les employeurs».
«Nous avons été licenciés après avoir dénoncé la mauvaise gestion et la dilapidation des deniers publics. Nous sommes dans cette situation depuis 27 mois. Ni l’union de wilaya ni aucun organisme de l’UGTA ne nous est venu en aide. Les responsables du syndicat se renvoyaient la balle», s’indigne le syndicaliste, tenant de ses deux mains le drapeau national. Pour rappel, des défections sont signalées, ces derniers jours, à travers plusieurs structures de l’UGTA. Néanmoins, force est de constater que l’actuel secrétaire général jouit toujours d’une certaine renommée parmi la base militante, reste que celui-ci serait victime, selon ses supporters, de la situation actuelle qui demande le départ de tous les responsables ayant été, pendant plus de deux décennies, à la tête des différents organismes et institutions. «C’est un vent de changement qui veut tout balayer sur son passage», ont affirmé certains d’entre eux, affirmant toutefois ne pas être contre cette vague, pour peu que tout se fasse dans la légalité. «Allons vers un congrès, et c’est lui qui décidera», ont-ils réclamé.
Salima Ettouahria
Auteur: elmoudjahid
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