L’Ukraine a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Kyiv après l’arrivée, dans la baie de Haïfa, d’un navire transportant des céréales que les autorités ukrainiennes affirment avoir été volées par la Russie dans les territoires occupés. L’affaire, sensible sur le plan diplomatique, intervient dans un contexte déjà tendu entre Kyiv et Tel-Aviv autour du commerce de produits agricoles provenant de zones sous contrôle russe.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré que son pays avait officiellement convoqué l’ambassadeur israélien afin de lui remettre une note de protestation et de demander des mesures appropriées. Selon Kyiv, le navire en question transporte des céréales issues de territoires ukrainiens occupés par la Russie. L’Ukraine avertit qu’accepter ce type de cargaison pourrait nuire aux relations bilatérales avec Israël.
Selon plusieurs médias, le navire concerné serait le Panormitis, un vraquier battant pavillon panaméen, arrivé près des côtes israéliennes ces derniers jours. Kyiv affirme qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Un précédent navire, l’Abinsk, avait déjà accosté à Haïfa en avril avec près de 44 000 tonnes de blé que l’Ukraine considère comme provenant de territoires occupés.
L’Ukraine accuse régulièrement la Russie d’exporter des céréales issues de zones ukrainiennes sous occupation en les présentant comme des produits russes. Reuters rappelle que Kyiv estime que plus de 2 millions de tonnes de céréales présumées volées ont transité par la mer Noire l’an dernier, tandis que les autorités ukrainiennes évaluent à environ 15 millions de tonnes le volume total de grains volés depuis l’escalade de la guerre.
Israël, de son côté, adopte une position prudente. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a qualifié les accusations ukrainiennes d’“allégations”, indiquant que les preuves nécessaires n’avaient pas encore été fournies et que le dossier serait examiné. Il a également appelé Kyiv à éviter de traiter ce type de différend par les réseaux sociaux ou les médias, en privilégiant les canaux diplomatiques.
Cette affaire intervient alors que les relations entre l’Ukraine et Israël restent marquées par plusieurs sujets sensibles, notamment la position israélienne face à la guerre en Ukraine, les équilibres diplomatiques avec Moscou et les enjeux sécuritaires au Moyen-Orient. Pour Kyiv, le commerce de céréales issues de ses territoires occupés ne relève pas seulement d’un différend commercial, mais d’un prolongement économique de l’effort de guerre russe.
Le dossier pourrait désormais prendre une dimension plus large si les autorités ukrainiennes décident d’engager des démarches diplomatiques ou juridiques supplémentaires.
Pour l’heure, la principale ligne de fracture reste claire : l’Ukraine demande à Israël de ne pas accepter de cargaisons qu’elle considère comme illégales, tandis qu’Israël réclame des éléments de preuve formels avant toute décision.
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Auteur: balkis T
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