– Tu vas où ?
– Aux toilettes ! Pourquoi tu me poses la question, maman ?
– Alors fais attention dans le couloir mon fils, au cas où il y aurait un barrage filtrant entre ta chambre et les WC ! Pour contourner, passe par le balcon !
– ???
Et un ! Encore un qui demande pardon pour le mal qu’il aurait pu occasionner durant son exercice, sa carrière. D’abord, je te confirme, t’en as dû faire du mal ! Et pas qu’un peu ! Toi et tes potes ! Ensuite, faut peut-être que quelqu’un, à un moment donné – disons maintenant, là, tout de suite – se lève enfin face à vous tous qui, en cohortes faussement contrites venez demander pardon, pour vous répondre de la manière la plus courte qui soit : NON ! Je reprends en articulant distinctement les trois lettres, N.O.N ! Je ne pardonne pas ! Je ne peux pas pardonner. Je ne veux pas pardonner. Suis-je moins humain lorsque je ne te pardonne pas ? Peut-être ! Mais comme je ne suis pas le régisseur du genre humain, je ne peux le dire de manière certaine. Suis-je moins musulman, moins chrétien, moins juif ou moins bouddhiste si je ne te pardonne pas ? Là aussi, je ne sais pas, et en plus, dans ce cas particulier, celui des croyances individuelles, je m’en tamponne un chouia le coquillard et le reste. L’essentiel étant que dans cette queue du pardon qui ne mange pas de pain et dans laquelle vous vous bousculez, il faut que mon NON arrive en bonnes sonorités à vos oreilles. Oh ! Je sais que ça ne changera pas grand-chose dans le cours de vos vies de servilité, mais maâlich ! Ça fait un bien fou, trivial certes, mais tellement bon de vous le dire : Ulac smah ulac ! Allez ! Comme en plus d’être franc du collier et de dire les choses en face des mirettes des gens, je suis en vaine de patience ce matin, je te gratifie tout de même d’un brin d’explication à mon NON. Je ne te pardonne pas aussi et surtout parce que mon pardon ne m’appartient pas entièrement. Je le partage ! Oui m’sieurs dames demandeurs de pardon. Mon pardon ne m’appartient plus du jour où j’ai juré sur des tombes de ne jamais pardonner à ceux qui les ont remplies, ces tombes d’âmes encore errantes et en peine de deuil. Allez ! Rabbi Essameh, peut-être, moi pas ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.