Tribulations de Slim Riahi

Un autre coup dur pour la crédibilité de Nidaa Tounès

Les Tunisiens sont devenus nostalgiques de la période durant laquelle Zine El Abidine Ben Ali était président, surtout avec les magouilles qui se trament, des députés de haut rang accusés de corruption, la circulation de l’argent sale, comme la Tunisie n’en a jamais connu, l’extrémisme, le terrorisme, les mouvements islamistes, un enseignement qui bat de l’aile, avec en pourboire des « écoles coraniques » qui « éduquent », impunément, les futurs terroristes… en plus d’autres multiples maux.

Les partis politiques ont fleurit, en ces temps et depuis la Révolution, parce que « certaines personnalités » croient qu’en se prévalant politiciens, on peut tout faire sans risquer d’être poursuivi par la justice… d’ailleurs, une justice qui, elle-aussi, bat de l’aile, si on a le temps d’admirer les procès-fleuves et les verdicts prononcés contre les terroristes, les extrémistes et, aussi, les corrompus notoires.

Dans ce mélodrame qui se déroule, actuellement, dans le pays devenu la scène de théâtre d’une tragicomédie de bas-de-gamme, voilà qu’un nouvel élément qui vient s’ajouter pour augmenter les souffrances d’un parti auquel tous les Tunisiens, hommes et femmes, avaient cru, pour sauver la Tunisie.

Dans sa quête des alliances, Nidaa Tounès s’est allié, malencontreusement, avec le très fameux Slim Riahi (j’exclue, ici, les membres du parti Union patriotique libre considérés comme honnêtes), malgré sa mauvaise renommée… Il est arrivé, même, à le désigner en tant que secrétaire général, malgré ses multiples déboires avec la justice, sa présidence problématique de l’un des plus prestigieux clubs sportifs du pays, en l’occurrence le Club Africain qu’il a réduit en une triste situation, et les suspicions sur sa véritable richesse.

Sa disparition du paysage politique, depuis sa nomination, a fait couler beaucoup d’encre et de salives et le commun des mortels savait qu’il ne serait pas de retour au pays, du moins, pour longtemps, surtout qu’il vient d’écoper, dernièrement, d’une peine de prison consistante, pour des chèques sans provision.

Maintenant, il ne s’est pas empêché, encore une fois, de faire parler de lui, en envoyant sa démission du poste de secrétaire général de Nidaa Tounès. Pour sauver la face, l’instance politique du Mouvement Nidaa Tounès, ce qui est un comble pour un parti politique qui se veut crédible, a salué la décision du secrétaire général du parti, Slim Riahi, de démissionner de son poste et de « faire prévaloir l’intérêt supérieur du parti et du pays sur ses intérêts personnels, selon une déclaration signée par le directeur exécutif du parti, Hafedh Caïd Essebsi.

Elle a affirmé dans cette déclaration publiée après sa réunion vendredi que « les portes du parti restaient ouvertes à Riahi (sic) et à tous ceux qui souhaitaient rejoindre ses rangs, parmi les compétences et les personnalités nationales ».

Dans une déclaration publiée précédemment sur sa page Facebook, Slim Riahi qui se trouve depuis plusieurs semaines à l’étranger, a annoncé sa démission du secrétariat général du Parti Nidaa Tounès et de ses structures. Il a expliqué avoir pris cette décision après avoir examiné et évalué cette décision, estimant qu’il « n’y a plus lieu d’apporter un plus au parti ».

Toutefois, cela peut être considéré comme une bonne initiative, surtout qu’en agissant ainsi, il évite à Nidaa de nombreux problèmes, surtout que ses partisans ou, plutôt les membres du parti qu’il a créé, l’Union patriotique libre (UPL) dont l’honnêteté n’est pas contestable avaient préféré geler leurs activités, dans leur grande majorité.

En se débarrassant de ce fardeau, Nidaa a, certes, franchi un palier, mais il en reste beaucoup d’autres pour assainir le climat en son sein… surtout qu’il y va de sa crédibilité et de son avenir en tant que parti politique qui ne veut pas occuper les rangs inférieurs.

La politique est sale dans tous les pays du monde, mais il est facile de penser qu’en Tunisie, on a battu tous les records d’absence de crédibilité des politiciens qui doivent revoir leur copie, s’ils cherchent un autre mandat, à l’issue des prochaines échéances électorales.

Faouzi SNOUSSI

Auteur: L’expert
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