Le Temps-Sayda Ben ZINEB

Le confinement et ses méfaits qui pèsent lourd depuis un an déjà, nous poussent vers la tentation de ne plus voir ce  qui est tant montré dans les médias ainsi que sur les réseaux sociaux, et partir le « plus loin possible », le temps de voir un film, une pièce de théâtre ou un beau spectacle de danse digne de celui présenté dimanche 14 février dernier à la Cité de la Culture. 

Guirlandes multicolores et cœurs géants à l’entrée du Théâtre de l’Opéra annonçaient la couleur, celle de la  fête de l’amour, avec ses joies et ses peines, et celle aussi d’un grand spectacle programmé pour l’occasion : « Roméo et Juliette », la nouvelle création chorégraphique du Ballet de l’Opéra de Tunis présentée en avant-première, en présence de nombreux Roméo …et Juliette.  

 Cette tragédie de William Shakespeare qui  raconte l’histoire de deux jeunes  qui s’aiment malgré la haine que se vouent leurs familles et connaissent un destin funeste,  continue de faire l’objet d’adaptations  au théâtre, au cinéma et à l’opéra tout en inspirant encore et toujours, les chorégraphes à travers le monde. 

L’amour sacrifié à la haine

Signée  par le célèbre chorégraphe italien Luca Bruni, l’œuvre chorégraphique « Roméo et Juliette » restitue avec fougue la jeunesse et la passion qui attisent le drame shakespearien, mettant en scène l’amour juvénile sacrifié à la haine des adultes, admirablement interprété par une pléiade de  nos jeunes danseurs  du Ballet  de l’Opéra de Tunis qui ont fait preuve de beaucoup de  prouesse, dont : Wael Marghni dans le rôle de Roméo, et Ranim Kéfi dans celui de Juliette..

 La musique qui accompagne et soutient le drame par ses éclatantes harmonies et ses délicates mélodies, est celle  du compositeur russe Serguei Prokofiev,  et du compositeur italien Marco Schiavoni. Quant aux décors  et costumes, ils sont conçus par le scénographe Mario Ferrari, sans oublier les assistantes à la chorégraphie, Maria Olga Palliani et Veronica Nieddu.

Luca Bruni et l’acte 

de courage 

Chorégraphe, danseur et directeur artistique de la célèbre  troupe de danse Oplas/Centro Regionale della Danza Umbria, Luca Bruni propose « Roméo et Juliette » au Ballet  du Théâtre de l’Opéra. L’événement vient après deux ans de collaboration intense grâce à une louable initiative menée comme toujours, par l’Institut culturel italien à Tunis. 

La nouvelle aventure artistique de Bruni au prestigieux Théâtre  de l’Opéra   est un acte de courage et d’amour pour l’art chorégraphique qui souffre en particulier durant cette période d’arrêt et de confinement. 

« Dans un moment aussi compliqué, confie l’artiste dans l’une de ses déclarations, le désir de résilience aussi se communique à travers la confrontation des risques de traverser les frontières pour faire ce qui est impossible en Italie aujourd’hui, à savoir,   gagner sa vie à travers la danse».   

Le ballet italien est ainsi entrain de continuer son chemin en   gagnant du succès à travers le monde en dépit des obstacles et des difficultés que  traverse le secteur de la danse durant cette  conjoncture de pandémie, sous le slogan :  « ceux qui s’arrêtent sont perdus », comme l’affirment Luca  Bruni et Mario Ferrari, le concepteur de la scène et des costumes de « Roméo et Juliette».    « Oplas », a toujours été, selon les critiques,  appréciée à l’étranger et en Italie où la troupe a été considérée comme une excellence régionale pendant des années. La région d’Ombrie    constitue  en effet, l’un des soutiens du projet « Roméo et Juliette ».   

  On continue malgré 

les restrictions…

 En guise de satisfaction,  Luca  Bruni exprime son bonheur de renouveler une fructueuse  collaboration  à Tunis qui consolide selon lui,  une relation de reconnaissance et de confiance mutuelle avec les protagonistes de la scène artistique locale.

 « Je suis convaincu, déclare t -il,  qu’en partageant ensemble un objectif, des énergies et des expériences, nous arriverons à surmonter ce moment difficile qui met en péril la survie des spectacles vivants et, une fois ce moment dépassé, à progresser encore plus… Ici à Tunis, malgré les restrictions imposées, nous avons l’opportunité de présenter des récitals, promouvoir des créations artistiques et les mettre en scène, et ceci est une chose extraordinaire ! Merci de tout mon cœur à l’équipe de la Cité de la Culture, à tous ceux qui, avec beaucoup d’abnégation, continuent de travailler, surmontant chaque difficulté, à tous les danseurs, Nesrine Chaboouni (directrice du Pôle Ballet et Arts chorégraphiques à la Cité de la Culture ) et Malek Sabai qui vient d’être nommée directrice artistique du Ballet du Théâtre de l’Opéra et à qui je souhaite beaucoup de succès ».  

 

 

S.B.Z

Auteur: letemps1
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.