Importation de viandes bovines
Karim Ben Amar
Un nouveau tollé voit le jour au Maroc. Depuis septembre 2021, date de la prise de fonction du nouveau gouvernement, les scandales se suivent et se ressemblent. Le dernier en date est l’importation de la viande rouge. Une décision pour le moins choquante, d’autant plus que l’agriculture et l’élevage revêt une grande importance dans notre pays. Ce secteur est l’un des fleurons de l’économie. Le voilà aujourd’hui en décomposition puisque tout porte à croire que nous ne sommes plus capables de répondre aux besoins du consommateur marocain.
C’est un véritable scandale. Le Maroc importera désormais la viande rouge puisque notre production est nettement insuffisante. Voilà la solution trouvée par ce gouvernement pour palier à la cherté du prix de la viande rouge. Autant dire que l’idée n’est pas fameuse. Comme pour tout le reste d’ailleurs. À court d’idées et de vision, ce gouvernement adopte des automatismes empreint de paresse. Opter pour la facilité n’a jamais été salutaire, bien au contraire.
Ce suicide assisté a d’ores et déjà commencé puisque d’après une source au sein de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR), depuis lundi, le Maroc importe les bovins. « L’import permettra au marché de baisser le prix au Kg. Le prix de la viande varie entre 85 et 90. Grâce à l’import, il pourra être fixé à 80 Dhs ».
Quant aux bétails d’élevage marocain, son prix oscille entre 75 et 77 dhs. La même source assure que la qualité de notre bétail est de bien meilleure qualité.
« Signalons tout de même que les bovins reçus lundi de l’Argentine et de l’Uruguay sont trop jeunes. Il va falloir encore les engraisser pendant au moins 4 mois », a-t-il souligné.
La Douane a d’ailleurs supprimé la TVA sur l’import de viandes afin que le prix n’explose pas. Le consommateur en souffrance depuis la tendance haussière généralisée, pourra ainsi se permettre cet achat. La situation est donc critique pour un pays agricole et de surcroit premier consommateur de la viande rouge en Afrique selon la FAO (17 Kg par hab/an).
Pire encore, aux dernières nouvelles, le Maroc importera non pas le bétail mais la viande du Brésil. Ce pays est connu pour booster ses cheptels. La méthode est la suivante, tout d’abord, il s’agit de prendre du poids et vite. Avec le patch d’hormones, étiquetées dans l’oreille de l’animal, on peut avoir un gain journalier de 10% à 15%, allant jusqu’à 18% à l’approche de l’abattage. Le benzoate d’oestradiol, la progestérone, le propionate de testostérone, l’œstrogène et la progestérone sont les composants de la plupart des médicaments administrés. Mais si les hormones font de l’animal une masse de viande, celle-ci reste trop dure, au regard des attentes du consommateur. Les saveurs ne seront donc pas au rendez-vous.
Le rapport 2018 de la Cour des comptes a relevé d’innombrables manquements de l’ONSSA à ses attributions, ôtant le voile sur son incapacité à remplir ses missions de protection de la santé du consommateur et celle des animaux et des végétaux.
D’emblée les magistrats de la Cour ont relevé l’indépendance insuffisante de l’ONSSA par rapport à la tutelle (ministère de l’Agriculture), ainsi que l’inadéquation des moyens humains alloués à cet établissement avec les missions qui lui sont confiées.
Donc cette question s’impose, les bêtes seront-elles égorgées selon le rituel musulman ? L’ONSSA a-t-elle les moyens de contrôler l’abattage au Brésil ? Mystères et boule de gomme.
Pour rappel, le chef du gouvernement actuel, qui a passé 14 ans à la tête du ministère de l’Agriculture avait mis en place en 2008 le plan Maroc Vert. Tout porte à croire que ce plan pourtant si ambitieux est un échec cuisant, puisque le Maroc se voit désormais dans l’obligation d’importer sa consommation en viande rouge. C’est une véritable humiliation pour nos éleveurs en particulier et les citoyens en général.
Attendre un bilan positif de ce gouvernement présidé par le responsable de la faillite de notre agriculture revient à compter les étoiles. Et pour cause, comme le dit si bien l’adage, « même la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».
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Auteur: M’hammed rahal
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